AAR – Rimworld : Empereur déchu

Démarré par Kait, Sep 14, 2019, 03:48 pm

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Notaproblem

Heh, ça tombe bien j'étais en train d'écrire et j'sais pas pourquoi j'ai refresh mécaniquement-

Brefbref.

CiterAha ! Je le savais !

On baise pas un pirate comme ça, tout le monde le sait.

CiterNota l'écrivain

QUE- Bon badakor. Lemmeguess : Son secret c'est qu'il ne peut se révéler qu'a ceux ayant lu ses écrits, n'étant qu'une manifestation abstraite de la créativité des hommes et- Ou alors juste un gros nerd planqué, ce qui semble bien plus probable jvhap

CiterCours de langues

Dis-toi que j'ai linguistique cette année et je me suis systématiquement endormi en cours. Puis j'vois que toi aussi t'as pris le parti du "Allez la langue c'est juste une langue terrienne hachée menue comme ça c'est pas trop chiant !". Tu verras, ça sauve des vies quand on justifie.

Blague : Quelle est la différence entre les patels, les survivants de charon et un pot de yaourt ?

Réponse : Au moins au bout de tout ce temps les survivants et le pot de yaourt ont développé une culture, eux !

CiterOn va pas la sauver dugland.
Hé, j'ai réalisé un miracle !
On va la sauver.

3 jours de marche pour une pélo ? Patel a meilleur fond qu'il ne voudrait l'admettre.

CiterShipping...

Rimworld est infâme pou-

CiterFin du shipping !

-j'ai rien dit et oh mais elle est musulmane ?

CiterSHIPPING DANS TOUS LES SENS !

...Rimworld est infâme pour ça.

CiterOn tire sur des gens !

P'tain t'as réussi à perdre personne dans le procédé ? GG !

CiterPS : Nota, désolé mais ton avis ne compte pas sur ce coup-là. jvhap

Oh mais t'inquiète, j'ai tellement de manières de snark possibles que rien qu'en lisant ce Post Scriptum je sais que tu les as toutes entendues avant même de finir de l'écrire. En tout cas, bel épisode, et j'vois que je suis pas le seul a écrire vers minuit maintenant jvhap

Spoiler: MontrerCacher
PS :

CiterPemmican

Je sais faire un excellent pemmican ! Je vous ai dit que j'étais devenu un maître dans les nourritures de clodo qui consomment peu et bourrent à bal ? L'art perdu des étudiants pauvres, ça !
Quelque-chose ne va pas ? jvhap

Zeropolsnotdead

Oct 14, 2019, 02:36 am #16 Dernière édition: Oct 14, 2019, 02:48 am par Zeropolsnotdead
 stkpopcorn

Citer- C'est leur vrai nom ?
- À une erreur de traduction près, oui. Bon,
jvrire

Citer"C'est une vengeance que tu veux ? Suis-moi et je te promets que le nom de ''Nota'' n'évoquera plus jamais pour toi la terreur."
Charisme ++

Spoiler: MontrerCacher
"Je prends les choses en moins moi-même à ce sujet. " Typo à "moins/mains" J'en ai vu une autre à la fin mais c'est pas grand chose, à "si vous me laisser rester." et " à voir si j'arrive ça à rendre "


Le shigounois, je sais pas si c'est repris d'une précédente histoire, mais ça m'a fait rire  jvhap

Citer- J'ai 122 ans depuis peu."
Je fais un rapide calcul mental. "Seulement ? ... Comment ça se fait que tu ais aussi peu de cheveux alors ?
- ... Les temps ont été difficile, d'accord ?"
Non mais Allo quoi, il a 122 ans il a pas de shampoing...

CiterIl l'attrape, l'inspecte, puis la fait tourner par la gâchette du bout de son index avant de la stopper net dans sa main. "Disons que j'ai les bases.
stkperfectmo

Citer"Ce que je sais, Capitaine, c'est qu'une maladie a ravagé ce qu'il restait de nos plantations, et que quelqu'un va devoir aller affronter le froid pour ramener quelque chose à manger si on veut tenir quelques jours de plus.
- Oui oui, n'oublie pas de refermer la porte en partant."
stkddb

CiterJ'ai dû fuir et je n'ai aucune idée d'où je suis.[..]
Oui ! J'ai réussi à me repérer. Je suis à 14.5°N, 2.6°W.

wow, elle a fait ça sans smartphone ?

CiterHuden coupe la transmission, perdu dans ses pensées. Puis croise mon regard.

"Quoi ?
- ''On vous envoie une équipe aussi vite que possible'' ? Tu te prends pour quoi, putain ?
jvrire hahaha

CiterEdouard Ulrik Kaytensson Patel
Ok, j'ai pas tout compris pour l'instant...

CiterCe sont des animaux précieux. Ils produisent un lait étrange qui peut servir de carburant pour alimenter des générateurs.
Oh je savais pas !


Citer... Et puis merde j'ai bien le droit de m'amuser moi aussi !
Je sais pas trop ce qu'il s'est passé. C'est arrivé si vite. On discutait tranquillement et tout d'un coup...

Congratz ! Comme quoi ca set de suivre les cours d'éducation civique  jvoui
CiterMalheureusement nous ne sommes pas assez prudents et la structure fragilisée s'effondre sur Arch' et Cody. Rien de bien grave cela dit.
stkfail

Citer"Au revoir, Seigneur du Lac."
stkfail

3H plus tard...
 jvrire



 jvbanzai Putain le pauvre il lui reste deux demi yeux

Citer- Au fait, je voulais juste signaler qu'Archibald Huden et moi formons maintenant un couple.
jvrire   stkperfectkogan


CiterDu coup je vous demande humblement votre avis

Franchement les textes sont niquels, je cromprend que ce soit long à écrire mais pour l'instant c'est une vrai reussite. Aussi je me suis beaucoup marré  jvrire2

Humour, sexe, violence, et maintenant mystère avec l'énigmatique Nota. Mythe ou réalité ?
Je m'abonne, je +1, je follow.

 stkperfectkogan

Arkuden

Oct 14, 2019, 05:18 pm #17 Dernière édition: Oct 14, 2019, 05:22 pm par Arkuden
ENFIN !!!  jvfete  jvfete  jvfete


Flemme de faire un avis détaillé, du coup en vrac :

L'histoire de Nota et de vengeance, TELLEMENT de style  jvcute

GG Kait d'avoir conclu avec la p'tite fugitive, et on dit merci à Huden d'avoir forcé une mission sauvetage  jvok

L'histoire d'Huden est bien classe, tu me fais honneur mon Kait, il manque plus qu'un cri de guerre "LAME FENDUE JAMAIS BRISEE" et ce serait parfait  stkperfectkogan

"Bro inter-dimensionnel" putain ça me touche, nouveau titre discord  jvnoel

WOW bromance avec Cody, j'étais pas prêt, et en plus avec la manière  jvhap , mon personnage est un libertin bisexuel interracial curieux. Un vrai français stéréotypé jvhap

Personnellement je rejoins Zero, les scènes sont bien écrites, enrichissent le récit, et font de ton AAR une véritable oeuvre à part entière, si en plus tu apprécies les écrire c'est parfait. Cela dit tu fais comme tu le sens !

Pour l'instant je ne suis pas déçu de l'attente (enfin si ça pouvait tout de même être plus rapide pour le prochain chapitre je dirais pas non non plus  jvhap )


En conclusion, gros GG, je suis ultra fan, même si le fait d'avoir un personnage avec mon pseudo flatte mon ego (j'adore le dessin d'ailleurs), je pense honnêtement que c'est quelque chose qui peut être apprécié par le plus grand nombre !

LA SWEET PLEEZ

Kait

"Prenez place, Capitaine Kaytensson."

Je m'installe confortablement sur la chaise de camp prévue pour moi. Cody n'est pas très loin et son fusil non plus. Il guette le moindre mouvement suspect. Mais de mon côté je suis confiant.
La personne face à moi est la Chancelière de Bindinithda, une femme âgée et plutôt ronde, vêtue d'habits amples aux couleurs jaunes flashy qui agresse l'œil.

"Permettez-moi de me présenter. Mon nom est Miriam Ponce, et je représente Bindinithda dans les affaires diplomatiques."

Miriam. Que ce nom m'évoque de bons souvenirs. Je me contente de la scruter et de garder le silence.

"Si j'ai pris l'initiative d'organiser cette petite réunion, c'est que vous et moi avons eu comme un... contentieux.
- Ça m'étonnerait, c'est la première fois que nous nous voyons.
- ...certes, mais vous avez rencontré mes hommes. Qui sont presque tous morts depuis.
- Ils nous ont tiré dessus les premiers."

Ma remarque purement objective ne semble pas au goût de tout le monde puisque je vois quelques gardes du corps de Ponce resserrer leurs prises sur leurs armes. La dirigeante les calme d'un signe de la main.

"Ils avaient pour mission de récupérer un fugitif qui s'était réfugié chez vous. Un des survivants de la fusillade m'a raconté que vous hébergiez également le leader de cette bande de malfrats qui s'en prend à nos caravanes.
- S'en prenait. C'est du passé maintenant. Ecoutez, si c'est ces deux-là que vous voulez, autant couper court à la conversation, vous ne les aurez pas."

Au vu de la réaction de l'audience, je constate que je suis visiblement fort pour jeter des froids. Je reprends :

"Ils sont désormais sous ma protection, il est impossible pour moi de vous les livrer. Maintenant, si vous êtes disposée à discuter calmement d'un cessez-le-feu, je suis tout à fait ouvert à ça."

Pas de réponse.

"Alors, on s'y met ?"

Kait











"Je dois dire que je suis impressionné, Capitaine. Je pensais pas que vous arriveriez à retourner la situation comme ça. À un moment j'ai bien cru qu'on allait devoir se frayer un chemin à coup de fusil pour se tirer de ce guet-apens.
- Je savais ce que je faisais. Mais je te l'accorde, on a frôlé le bain de sang à un moment. Je crois que ce type n'a pas apprécié que je lui explique que c'était pas de chance pour son frangin mais que c'était de sa faute s'il m'avait tiré dessus.
- Mais finalement tout s'est bien terminé.
- Bah ! Ponce est une femme pragmatique, visiblement. Elle avait le choix entre l'arrêt des attaques sur ses caravanes et un énorme massacre dans une réunion diplomatique. Le choix est vite fait.
- Cela fait un adversaire de moins à se soucier en tout cas.
- Du moment qu'ils respectent l'accord, oui. Cela dit je les crois sincères dans leur démarche. Tant qu'on interférera pas avec leurs affaires ils nous foutront la paix.
- Et nous n'interférerons pas avec leurs affaires ?
- Pas tant qu'on aura rien à y gagner. Il nous fait choisir méticuleusement avec qui on veut s'allier et qui on veut détruire.
- ... Je peux vous poser une question qui n'a rien à voir Capitaine ?
- Bien sûr, Cody, je t'écoute.
- Pourquoi est-ce que vous tremblez depuis tout à l'heure ?
- Ah ça ? C'est rien, c'est juste que j'ai tous les muscles de mon corps qui me font super ma-"

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je m'effondre sur le côté, terrassé par un pic de douleur. Cody accourt vers moi, se penche et place sa main sur mon épaule.

" Capitaine ?! Ils vous ont empoisonné ?!
- Argh, je pense pas. J'ai rien bu ni mangé, et je pense que tu l'aurais vu s'ils m'avaient injecté un truc en douce.
- Peut-être quelque chose sur la chaise.
- ... À mon avis je l'aurais senti s'ils avaient foutu une punaise remplie de poison pile là où j'ai posé mon cul.
- C'est probable. C'est quoi alors ?"

Je lève les mains devant mon visage. Elles tremblent à toute allure. Je ferme les poings. Je me sens extrêmement fort tout à coup, même si j'ai mal partout.

"Aucune idée. Une maladie locale probablement. Attends, laisse-moi tester un truc."

Je me remets sur pied, fléchit, et saute aussi haut que je peux. Je fais un bond gigantesque. J'aurais presque lâché un rire euphorique si l'atterrissage n'avait pas provoqué une douleur aiguë à travers tout mon corps.

"Bah. J'ai peut-être mal partout mais au moins on sera rentré plus vite."

[---]



Nous rentrons à la base à la tombée de la nuit. Visiblement nous n'avons pas raté grand-chose pendant les quelques jours qu'a duré notre excursion. Comme à son habitude, Irène est encore réveillée, et en profite pour m'ausculter. Son diagnostic est formel. Il s'agit d'une inflammation fibreuse. Ça désorganise complètement le système musculaire. L'avantage c'est qu'on a le corps gonflé à bloc d'adrénaline. Le souci c'est que ça fait mal. Irène me dit que ça va finir par passer tout seul mais que la douleur risque d'empirer drastiquement dans les prochaines phases de la maladie. Bah ! Je suis un grand garçon, je vais surmonter ça.

[---]



"Tu as entendu, Cody ?
- Oui, Capitaine. On dirait bien qu'on nous attaque.
- Ça ne ressemble pas aux cors de guerre des Butscam. À moins que nos nouveaux amis ne nous aient déjà trahi, je parierais sur les Scies Rouges."



"C'est plus que probable, Capitaine. Ils lancent probablement un petit raid pour nous intimider.
- Bon, on devrait pouvoir s'en sortir je pense. Tiens tu peux me passer un fer à cheval ?"

Des tirs retentissent depuis l'intérieur de la base. Nous sursautons. Je m'écris :

"Pour le coup ça c'est pas normal !"



Nous accourons et trouvons Huden portant le corps inanimé de la nouvelle recrue. Il a l'air paniqué.

" Il est devenu complètement fou ! explique-t-il. Il avait pas l'air au meilleur de sa forme ses derniers temps mais là il a complètement pété un plomb et a voulu me frapper ! Je suis désolé, Capitaine, j'ai fait des tirs de sommations et ça n'a rien changé j'ai dû l'abattre !"

Je me tourne vers Irène qui a rappliqué à son tour dans la salle. Occupe-toi de lui. On réglera son sort plus tard, on a des Scies Rouges à tuer. Les gars, avec moi."



On se place selon la formation habituelle. Je me positionne en embuscade pendant que Cody et Archibald effectue un tir de suppression dans le défilé.
Les détonations retentissent et un premier pillard s'effondre.



Cependant d'autres arrivent à se frayer un chemin à travers le barrage de feu et foncent vers Huden.
Je me précipite à son secours. Son adversaire a à peine le temps de se retourner que je lui flanque un violent coup de sabre qui l'envoie au tapis.



Un de ses collègues décharge son revolver sur moi. Heureusement ma veste en kevlar encaisse la balle qui me touche. Je me retourne fou de rage et leur fonce dessus. Appuyé par les tirs précis de Cody, ce n'est bientôt qu'une question de temps avant que les envahisseurs ne prennent la fuite.



J'ai pris quelques coups mais rien de bien méchant. Cette armure était définitivement un bon investissement. Huden s'est pris un coup de couteau dans le bras, mais devrait s'en sortir sans problème.
Alors que je fais le tour des corps pour achever les survivants, j'en remarque un qui pourrait être utile. Plutôt athlétique d'une part, et également plutôt vieux, d'une cinquantaine d'année. Il faut toujours se méfier d'un vieil homme dans un métier où les gens meurent habituellement jeunes, dit-on souvent. Je sais pas si c'est des conneries ou pas, mais je décide de laisser une chance à la théorie. Je l'embarque donc et le place dans une chambre avec l'autre prisonnière.

[---]

"Je suis désolé, Messire Capitaine, sincèrement. J'ai juste... perdu le contrôle."

Je toise David Mills de toute ma hauteur. Il a l'air pitoyable, assis par terre sur le sol de pierre, le torse nu parsemé de bandages ensanglantés.    

"C'est juste que j'ai toujours eu du mal à garder la tête hors de l'eau et ces derniers mois ont été durs pour moi. Je pensais avoir trouvé un nouveau chez moi et je me retrouve à dormir par terre dans une grotte alors que la femelle Butscam a droit à une chambre et un lit !
- ... On a eu quelques petits problèmes d'organisation, c'est vrai. Mais attaquer un de tes frères d'armes, c'est la limite à ne pas dépasser. Ecoute moi bien, la seule raison pour laquelle tu es encore en vie, c'est que tu as su montrer que tu étais utile, et que tu savais travailler dur dans les domaines importants. Maintenant je vais être clair : au prochain écart comme celui-là, je te tue. C'est aussi simple que ça. Je t'égorge sur place et ne te regarde même pas te vider de ton sang. C'est bien compris ?
- ... Oui, Messire Cap--
- Capitaine. On dit juste Capitaine. Maintenant dors. Dors ce soir, et dès demain tu retravailleras deux fois plus dur. On ne t'héberge pas à l'œil."

Je tourne les talons et retourne à la base. En arrivant dans la réserve pour y poser quelques objets récupérés sur les pillards, je tombe sur Huden, une énorme pipe en métal à la bouche d'où s'en échappe une fumée louche. Il a l'air en pleine forme.



"Ça va, Arch' ?
- ÇA VA SUPER !
- Tu sais que tu parles beaucoup trop fort ?
- AH ? PARDON CAP'TAINE JE ME SUIS PAS RENDU COMPTE.
- Je peux savoir pourquoi tu fumes cette poudre louche qu'on a ramassé lors du dernier raid ?
- C'EST DES FLOCONS.
- Ah d'accord. Mais encore ?
- C'EST UN TRUC SUPER PUISSANT CAP'TAINE. PAR CONTRE C'EST AUSSI SUPER ADDICTIF, HEUREUSEMENT QUE JE FAIS ATTENTION.
- Très bien. Mais tu n'as pas répondu à ma question cela dit.
- QUELLE QUESTION CAP'TAINE ?
- ...Je peux savoir pourquoi tu fumes cette poudre louche qu'on a ramassé lors du dernier raid ?
- AH ! ET BIEN PARCE QU'AUJOURD'HUI EST UN JOUR TRÈS SPÉCIAL !
- Pourquoi aujourd'hui plus qu'un autre ?
- ET BIEN PARCE AUJOURD'HUI CODY M'A DEMANDÉ EN MARIAGE ET J'AI DIT OUI."

Pour une fois, je n'ai rien à recracher.

"Oh bordel manquait plus que ça. Cody ne comprend vraiment que dalle à comment fonctionne ces choses. Vous êtes conscient que vous n'êtes ensemble que depuis quelques mois n'est-ce pas ?
- ET ALORS ? POURQUOI ATTENDRE ? ON S'AIME ÉNORMÉMENT NON ?
- Ah oui c'est vrai j'oubliais.
- ET COMME ÇA SI ON MEURT ON SE RETROUVERA AUX CIEUX.
- Oui voilà."

J'en peux plus de ces conneries. Je retourne me coucher.

[---]

Le lendemain, je fais irruption dans notre prison improvisée, attrape la fille et l'embarque avec moi. On ne va pas la nourrir à l'infini. Je vais voir ce que les Chomar peuvent me proposer pour elle. J'y vais tout seul sur ce coup. Je suis le plus rapide, aussi je reviendrais vite. Et je sais que Cody verrait ça d'un mauvais œil alors je le laisse en dehors de ça.
Je n'essaye même pas de faire la discussion avec la fille. Aucun intérêt.



Les villageois m'en propose un bon prix. Pas loin de 600 écus pour la jouvencelle. À vrai dire j'aurais cru plus au vu de l'âge de la dame, mais il est vrai qu'hormis cela elle n'a pas grand-chose pour elle.

[---]



Je reviens à la tombée de la nuit, relativement épuisé. Ma maladie me prend un peu la tête. Je me dirige tout droit vers ma chambre et y trouve Irène, qui elle commence sa journée.

"Alors c'est fait ? demande-t-elle d'un ton accusateur alors que je range les revenus dans un coffre.
- C'est fait. ... Ne me regarde pas comme ça. Les Butscam et les Chomar se font la guerre depuis des siècles. Nous ne faisons que profiter de la situation."

Elle reste posée là sans mot dire. Je commence à la connaître. Son éthique l'a fait désapprouver mais je sais qu'au fond elle valide mon point de vue.

"Sinon j'ai raté quoi ?
- Oh, pas grand-chose à vrai dire. David a choppé une maladie terrible, mais le Lieutenant Cody lui a porté des soins efficaces et il va beaucoup mieux depuis. Sieur Huden a tenté de rallier le prisonnier à notre cause, sans succès."

Spoiler: MontrerCacher


"À propos du Lieutenant et de Messire Huden , poursuit-elle, ils ont décidé de se marier.
- Je sais, Huden me l'a dit alors qu'il était défoncé." Je croise son regard. "Non. N'y pense même pas. On en a déjà parlé."

Je m'assoie sur le lit et retire mes bottes.

"J'ai une question plus importante à te poser," je dis. J'hésite une petite seconde. "Bon, c'est un peu délicat mais... Ça fait plusieurs jours que j'ai super mal au bide, et ce matin j'ai chié un truc vraiment bizarre.
- Moi qui me plaignait de ne presque rien savoir sur toi, je suis sincèrement ravie que tu décides de partager ce pan de ta vie avec moi, Ulrik.
- Non mais... C'était vraiment bizarre. On aurait dit que y'avait des sortes d'anneaux dans ma crotte. Y'en avait tout plein.
- Oh." Elle reprend tout à coup son sérieux. "Eh bien j'ai une mauvaise nouvelle pour toi. Tu as attrapé un ver, j'en ai peur.
- Oh super. Entre ça et les parasites musculaires, j'ai vraiment de la chance. ... Voilà pourquoi j'ai passé les quatre derniers siècles à manger de la nourriture lyophilisée.
- Je ne suis pas sûr de savoir traiter ça. Il parait qu'il y a certaines plantes pour pouvoir le faire sortir...
- Laisse. On verra demain."

Je m'enfonce dans mon matelas et décolle vers un sommeil troublé uniquement par des rêves étranges sur les vers géants.

[---]



Le lendemain nous procédons aux récoltes. Elles sont plutôt bonne cette fois. Et on a un bon stock de feuille à fumer, on devrait pouvoir se remonter un peu le moral dans les moments difficiles. Il y a juste un tout petit détail qui me turlupine quand je traverse le champ.

"Loin de moi l'idée de vouloir niquer l'ambiance", je demande à la cantonade, "mais... C'est qui ce gros type barbu et qu'est-ce qu'il fout ici ?
- C'est mon frère ! intervient Irène. J'ai complètement oublié de t'en parler hier. Il est arrivé il y a quelques jours. Je voulais savoir si ça te dérangeait s'il nous rejoignait.  
- Salutation Capitaine, fait l'inconnu. Mon nom est Susskind Mosser, dit Freckles. J'ai entendu dire que vous comptiez affronter les Scies Rouges. Je désire vous rejoindre dans votre combat."

J'observe l'individu de haut en bas. C'est déjà un gros gabarit, rendu encore plus imposant par une barbe épaisse et une série de tatouages tribaux partout sur le corps. Difficile de croire que c'est le grand frère d'Irène. Mais je suis toujours preneur de ce genre de profil.

"Comment tu nous as trouvé ? je demande.
- Des marchands d'Herinum m'ont parlé de vous. Ils m'ont même prêté une radio qui m'a permis d'entrer en contact avec Irène qui m'a guidé jusqu'à ici.
- Tu sais te battre ?
- J'ai passé les dix dernières années à affronter les Scies Rouges. Je sais me débrouiller.
- Ah oui quand même. Une histoire sûrement passionnante. Je suis sûr qu'on aura tous très hâte de l'entendre ce soir au coin du feu. Ecoute, tu peux rester si tu le désires, aussi longtemps que tu seras utile et loyal. Sur ce."

[---]

Le récit de cet homme me divertit le temps d'une soirée. Après que les pillards du Nota aient détruit son chez lui, il a décidé de devenir une sorte de chef rebelle et de monter des opérations de guérilla contre eux. Comme souvent ça s'est mal terminé, puisqu'il a atterri ici. J'ai l'impression que tous ceux qui ont affaire aux Scies Rouges finissent soit mort soit chez nous.
Mais avec moi ça sera différent. Je suis déjà mort et je n'ai nulle part où aller.

Par contre, pour des frères et sœurs qui ne se sont pas vu depuis dix ans, ils n'ont pas l'air très heureux de se voir. C'est peut-être la différence d'âge, quatorze ans tout de même, ou quelque chose comme ça, mais bon. Enfin concrètement je m'en câlisse. Tant que le travail est fait.

[---]



Des marchands d'esclave de Bindinithda passe nous voir. Je suis méfiant au début mais aucun coup fourré. Il semble que les négociations aient effectivement été un succès.
Par contre ça me fait les pieds. Je me suis tapé quatre jours de marche alors que j'aurais pu attendre un peu plus et voir notre esclave se faire récupérer à domicile. Tant pis. Je songe à éventuellement acheter une de leurs marchandises mais aucun n'est vraiment satisfaisait et cela coûte bien trop cher.



Le lendemain Arch' se retourne encore le crâne avec ce qui lui passe par la main. Cette fois c'est une drogue qui est censée te tenir éveillé, je ne vois pas bien l'intérêt de se défoncer avec ça.
Il va falloir qu'il se calme, son mariage lui fout la merde dans le cerveau.
... Putain son mariage quoi. J'en reviens toujours pas.



Il est également grand temps de mettre en place des défenses, même rudimentaire. Nous construisons deux murs : l'un à l'Est, l'autre au Nord. Cela permet si nous le désirons de complètement nous enfermer dans la montagne.

[---]



Jamais tranquille ! Alors que nous étions en train de faire une petite sauterie avec les copains pour fêter la fin des moissons, voilà que les cors de guerre retentissent.



Ils sont beaucoup cette fois-là, et nous sommes toujours dangereusement sous équipés. Je réquisitionne presque tout le monde, sauf David qui est tout bonnement incapable de se battre.
J'envoie Cody et Huden en première ligne pour envoyer quelques tirs avant le contact.



Ils ne tardent cependant pas à revenir en courant vers nous, une horde de sauvages à leur trousse.

"Préparez-vous !"

Je dégaine.



Comme souvent le combat est bref mais violent. Nous nous en sortons tous un peu amochés,t mais victorieux. Je m'apprête à remonter vers le Nord pour aller affronter le reste des assaillants lorsqu'Irène hurle :

"Ils passent par la rivière !"



Bordel, j'ai oublié de combler ce trou dans nos défenses ! Mais ce n'est pas plus mal, ça constitue une sorte de défense naturelle. Nous accourons sur les berges pour aller les cueillir.



Après quelques minutes supplémentaires de lutte, nous parvenons à arracher la victoire. Une victoire un peu amère.
Nous sommes censés faire partie des meilleurs et je nous trouve bien trop mal en point pour après un combat contre de simples Butscam.



Presque tout le monde est blessé, et nous terminons notre stock de bandages et autres médicaments. C'est un miracle si personne ne choppe d'infection.

[---]

"Arrête d'essayer de bouger ! Ton corps va lâcher !"

Je suis secoué de violents spasmes et retombe lourdement sur le matelas. Irène tente de me calmer de son mieux. À chaque fois que j'essaye de faire le moindre mouvement, tous les muscles de mon corps s'affole.
Ma maladie musculaire est entrée en phase terminale. J'ai mal à en crever, et le ver géant qui s'agite dans mon ventre n'aide en rien. Je suis tout simplement incapable de quitter mon lit.

"À quoi ressemble un Capitaine incapable de se lever ? je gémis faiblement.
- À un Capitaine qui vivra peut-être quelques jours de plus," répond-t-elle froidement.

Elle fait glisser dans ma bouche quelques herbes médicinales et ma conscience me quitte peu à peu.



[---]

C'est extrêmement frustrant de rester au lit sans pouvoir rien faire. Humiliant aussi. Et inquiétant. Si quelqu'un nous attaque maintenant, je serais complètement dans l'incapacité de faire quoi que ce soit.
Je reste donc comme une merde dans mon lit à longueur de journée, donnant de temps en temps de vagues ordres lorsque quelqu'un vient me voir. Irène me tient au courant de tout ce qui se passe dans la base, mais je n'en retiens pas grand-chose et il ne se passe pas grand-chose non plus.

Apparemment elle a réussi à dompter un muffalo aux alentours, comme je lui avais demandé. Ce sera parfait pour vendre nos marchandises aux villages environnants à l'avenir. Ils ont choisi de l'appeler "Grumpf". Je sais pas si ça veut dire quelque chose dans un quelconque dialecte local et je veux pas le savoir.



[---]



Aujourd'hui Cody et Huden célèbrent leur mariage. Putain je suis bien content d'être cloué au lit et de pas pouvoir assister à cette mascarade. Je pourrais parler des heures d'à quel point je trouve ça ridicule mais je devrais m'interrompre toutes les dix minutes environ pour vomir alors je ne suis pas sûr que ce soit pertinent.
Je me contente donc de marmonner des insultes dans le vide en essayant d'oublier la douleur. Vivement qu'Irène revienne de la cérémonie pour me filer des herbes ou quelque chose, que je puisse regagner le sommeil.

[---]



La maladie s'est légèrement calmée. Au final je suis passé une semaine entière sans pouvoir rien faire. Je reprends donc le travail calmement en terminant un lit pour mes futurs quartiers. Je dois avouer que ça va en jeter.



On se décide enfin à finir de lisser le sol de la salle à manger. C'est très rustique mais efficace. Il faut dire que les récoltes ont été bonnes cet été, on a assez de marge de manœuvre pour faire ce genre de truc.



Je décide également de lancer la construction d'une nouvelle petite baraque, pour accueillir d'éventuels voyageurs et marchands passant par là. Important d'assurer les relations, et puis on pourra toujours faire payer la nuit.

[---]



Putain, pile quand je dis que les récoltes sont bonnes, voilà qu'une vague de froid frappe la région. On perd quasiment tout, y compris les nouveaux plants de houblons qu'on avait lancé un peu plus tôt. Moins qui penser pouvoir brasser quelques bières pour nous réchauffer pendant l'hiver...

Kait

Oct 29, 2019, 01:36 pm #20 Dernière édition: Oct 29, 2019, 09:34 pm par Kait
Le prisonnier tente de ne pas sursauter lorsque j'ouvre la porte de sa cellule. Je l'observe sans un mot, puis m'assoit sur une chaise et m'allume une cigarette sans le lâcher du regard. Il a l'air un peu affaibli par sa demi-année emprisonné, mais ses yeux contiennent toujours une flamme de combativité. Il ne compte pas se laisser démonter par des gens comme nous. C'est ce qu'on va voir.

Je hausse les sourcils et me détourne de lui pour attraper une petite pile de feuilles. Il s'agit des notes d'Huden à son sujet.

"Voyons voir ça." Je lis à haute voix. "Yegor Schmidt. Deux cents ans. Refuse de parler de son enfance. A servi le reste de sa vie comme recruteur pour les Scies Rouges. Parcourait le monde pour repérer des recrues potentielles, et les enrôler par la force si non volontaires. Combattant émérite." Je lis la ligne suivante et hausse les sourcils. "Intérêt évident pour les stupéfiants. Fort potentiel intellectuel." Je repose ces notes. "Tu confirmes tout ça ?

Il répond d'une voix grave et rauque :

"Tout est vrai."
- Bien. Je vais aller droit au but. Je voudrais t'offrir une place dans nos rangs."
Il me regarde d'un air mauvais. "Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis ne serait-ce que disposé à réfléchir à l'idée ?
- Je suppose que tu n'as pas envie de rester plus longtemps dans cette cellule moisie, non ?
- C'est vrai, mais si vous croyez que je vais me battre pour vous, vous vous trompez.
- Ce n'est pas vraiment ce que j'attendais de toi à vrai dire. Oh, bien sûr ça fera sûrement parti du métier, mais ce que je voulais surtout c'était..." Je me penche pour sortir un objet de ma poche et le pose sur la table basse. "...Savoir si tu serais capable de fabriquer ceci."

Schmidt jette un regard plus qu'inquiet sur le sachet de poudre blanche face à lui.

"Des flocons ? ... Non, c'est impossible.
- Tu n'en es pas capable ?
- Ce n'est pas ça, c'est... J'ai déjà essayé, fut un temps. On ne peut pas faire ça. Les Scies Rouges ont le monopole total sur le commerce de psychoïdes. Il arrive des choses horribles à ceux qui essayent d'en produire dans leur dos.
- Terrifiant. Mais moi j'ai besoin d'alliés ici et pour ça j'ai besoin d'argent. Et j'ai comme le sentiment que cette petite neige pourrait me fournir tout l'argent dont j'ai besoin.
- ... Le Nota ne le permettra pas ! Autant me tuer tout de suite, à la seconde où la nouvelle se répandra qu'on produit des flocons, il lancera toutes ses forces face à nous.
- C'est exactement ce que je veux faire. Je veux qu'il sache que j'existe. Et que désormais il n'est plus maître de tout ce qu'il se passe sur cette planète."

Il me regarde avec de grands yeux.

"Vous voulez partir en conflit ouvert contre le Nota ?"

Je me dresse de toute ma hauteur.

"Les Scies Rouges ont imposé leur loi sur Elpis depuis trop longtemps. Il est grand temps que quelqu'un se dresse face à eux et leur donne une petite leçon d'humilité."

Je reconnais ces yeux. Ce sont les mêmes qu'avait Archibald Huden il y a quelques temps de cela. Ce mélange d'admiration et de "Il est complètement taré".
J'enchaîne.

"Tu ne pourras plus jamais retravailler pour les Scies Rouges maintenant que tu as été fait prisonnier. Mais moi je t'offre une seconde chance. Un rôle dans cette histoire. Une aventure. La question est : Marcheras-tu avec nous, ou attendras-tu la mort ici ?"

[---]



Nous voilà donc avec une nouvelle recrue. Il voudra le surveiller dans les mois à venir, mais je pense qu'il saura se montrer extrêmement utile. Plus que... ce bon vieux Freckles par exemple. Je le prenais pour une brute au combat, mais il semblerait que pour un type ayant passé des années à affronter les Scies Rouges il soit plutôt nul en fin de compte. Si ce n'avait pas été le frère d'Irène je l'aurais dégagé il y a un bon moment. Schmidt devrait relever un peu le niveau, lui.



Par ailleurs notre nouvel hôtel est presque fini. Pile à l'heure pour accueillir une caravane de marchands de Bindinithda, avec lesquelles j'engage les négociations.



On a choppé pas mal de fourrure au fil des hivers, j'en échange donc une grosse partie pour nous procurer des armures légères de bonne facture. Cela dit, on manque toujours cruellement d'armes.



Pendant ce temps, je lance l'excavation de deux nouvelles pièces. L'une devrait contenir une cave pour la production de bière, l'autre un laboratoire pour élaborer des drogues, dès que nous aurons les technologies nécessaires pour cela. Je dois avouer que les travaux vont extrêmement vite maintenant que les mineurs ont un peu pris l'habitude du métier et sont en nombre suffisant.

Cependant quelque chose vient perturber les excavations.



[---]

"Il faut l'ouvrir ! braille Huden.
- Non, il faut évacuer la base ! proteste David.
- Mauvaise magie ! s'épouvante Freckles. Il faut tout faire brûler !
- VOS GUEULES !"

Ça fait l'effet escompté. Tout le monde se tait et se tourne vers moi.  

"Je vais vous dire ce qu'on va faire : absolument rien du tout. On a aucune idée de ce qui se cache dedans, mais si ça fait des centaines d'années que c'est là, ça va pas sortir d'un coup-là maintenant. Par contre on a clairement pas la puissance de feu pour se risquer à affronter quoi que ce soit. Donc c'est simple, on évite la zone pour l'instant et on fait comme si c'était pas là.
- Mais Capitaine... commence David.
- Fin de la discussion."

Je quitte les lieux avant que quiconque ne proteste et me dirige vers les ateliers. J'y trouve Irène, ce qui me surprend un peu.

"Tu n'étais pas avec tout le monde à brailler ?
- Je... Il faut qu'on parle, Ulrik.
- Oh.
- ... Voilà, je vais être franche. Je pense que j'aimerais faire une pause.
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Je sais pas. J'ai l'impression que notre relation ne va nulle part...
- Oh et c'est le fait qu'on ait trouvé une structure datant de milliers d'années juste à côté de nous qui a été le déclic ?
- Non, mais... Ecoute, j'ai pensé que ça pourrait fonctionner quand on s'est remis ensemble mais en fait... Je me sens trop mal à l'aise dans notre relation, je crois. Tu... Tu es trop imbu de ta personne, ça ne fonctionne pas dans un couple !
- Mais on allait tout juste déménager ensemble !
- Ulrik c'est littéralement la porte d'en face.
- Je sais, c'était juste pour faire semblant d'en avoir quelque chose à foutre. Casse-toi."





Foutu bonne femme à la con. Toujours les mêmes histoires. Des guerres à gagner moi. D'autres problèmes plus urgents quoi. Putain mais oh. Toujours pareil.

...Bon.



"Ulrik, je travaille sur une sculpture là. C'est important.
- Tu ne veux pas juste discuter cinq minutes ?
- C'est du harcèlement à ce stade. Je t'ai dit que c'était fini."

Changement de stratégie.

"Ecoute. C'est vraiment un très mauvais timing. On a tellement de problème à gérer et toi tu me laisses tomber au pire moment. Tu veux notre perte ou quoi ?
- Eh, n'essaye pas de me faire culpabiliser. Surtout que les choses ne vont pas si mal. Vois un peu le bon côté de la vie, non ?
- Le bon côté de la vie ?! Tu te fous de ma gueule ?! Je suis coincé sur une planète de merde, on manque de crever chaque hiver, à tout moment un fou furieux interstellaire peut débarquer pour me finir et j'ai choppé un putain de ver solitaire mais bon, on a réussi à apprivoiser un muffalo, youpi, le bon côté de la vie !" Je reprends mon souffle. "Maintenant on va devoir entrer en guerre avec les Scies Rouges mais ouf, on va bientôt pouvoir brasser des bières, bon côté de la vie !
- Personne ne t'a forcé à aller les affronter !
- On ne devient pas puissant en restant caché dans son trou ! Et je n'ai pas le choix, c'est ça ou la mort !
- ET J'Y SUIS POUR QUOI MOI ?! C'est pas ma faute, tout ça, je vois pas le rapport avec moi !
- Le rapport c'est que vous branlez rien de vos journées, toi et ton frère à la con ! Je fais une putain d'entorse à mes principes par le simple fait de vous laisser dans le coin sans vous buter sur le champ tant vous êtes des parasites !
- ... TU ES UNE... UNE MAUVAISE PERSONNE, ULRIK KAYTENSSON !
- Wow, c'est tout ce que tu peux faire ? Je suis très outré.
- ET TU..." Elle cherche visiblement ses mots, toute rouge de colère."TU ES UNE POURRITURE ! PAS ETONNANT QUE TU AIS FINI BANNI DE TA PLANÈTE !
- Je te conseille de t'arrêter là.
- TU EST TOXIQUE, TU DÉTRUIS TOUT CE QUI ARRIVE A TA PORTÉE ! J'ESPÈRE QUE CEUX QUI TE POURSUIVENT TE RETROUVERONT ET T'EMPORTERONT À TOUT JAMAIS !"  

Je stoppe mon coup de poing à une dizaine de centimètre de sa joue, car une question me taraude. Techniquement, ça compte pas comme de la violence conjugale, si ?
Je n'ai pas le temps de réfléchir à la réponse car elle m'assène un coup de boule dans le nez. Je titube en arrière et hurle de rage. Je rugis et bondit vers elle pour la frapper au thorax, avant de l'attraper par la hanche pour la projeter vers un atelier. Elle se relève aussitôt, crie comme une harpie et tente de me lacérer le visage, aveuglée par la haine.



Il y a peut-être une partie du plan qui ne s'est pas passé comme prévue.

Spoiler: MontrerCacher
Quand tu fais exprès de mettre deux colons dans la même pièce pour qu'ils se rabibochent et qu'en moins de cinq secondes ils commencent à se taper dessus.  jvouch


[---]



"Elle vous a pas loupé, Capitaine, commente Cody en apposant un troisième pansement sur mon front.
- Eh eh, tu devrais voir sa tronche à elle.
- Vous... Vous lui avez mis une patate ? répète Huden, incrédule.
- Oui, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire."
Il ne peut s'empêcher de glousser. "C'est... disons que ce n'est pas ce que j'aurais fait moi.
- Bien sûr que non. Cody t'aurait défoncé.
- ... Nan mais sérieusement, Capitaine, reprend Arch'. Vous étiez parti pour la récupérer non ? À quel moment vous vous êtes dit que lui éclater la tronche serait une bonne façon de faire ?
- J'ai... J'ai peut-être un peu dérapé à un moment. Mais techniquement elle a frappé la première !
- Je sais pas quoi vous dire, Capitaine.
-  En tout cas elle sait cogner quand même. Je crois que je l'apprécie encore plus maintenant.
- ... Je sais encore moins quoi dire Capitaine."

Huden s'écarte du mur sur lequel il travaillait.

"Ça y est. Fini de lisser. Félicitations, vous avez désormais une grande chambre et un grand lit vide pour profiter de votre nouvelle vie de célibataire.
- Roh ça va. Déguerpissez tous les deux. Allez profiter de votre relation saine."

Tout le monde quitte la salle, me laissant un peu de tranquillité.

Je ne dors pas cette nuit-là. J'attends quelque chose.

Ça finit par toquer.
Je le savais.




















Spoiler: MontrerCacher
Wow, nouveau record battu, ils sont presque restés séparés 48h cette fois.

J'en peux plus de ces deux guignols.  stkblobnain
Rarement vu relation plus toxique, manquerait plus que les menaces de suicide.  stkblobnain


[---]



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Tout le monde est rassemblé dans la salle à manger. Apparemment Huden a quelque chose à nous dire. Je suis assis, Irène à mes côtés. Freckles et David mange leur repas à l'autre bout de la table. Schmidt observe la scène depuis un coin, pas encore vraiment intégré. Ça bavarde gentiment, jusqu'à ce qu'Arch' se décide à prendre la parole.

"Oyez, oyez, braves gens ! J'ai une information importante à vous communiquer !
- Qu'est-ce qu'on fait du sanctuaire millénaire juste à côté de nous ? relance Freckles.
- Non, ça ça a déjà été tranché. En fait ça n'a rien à voir. C'est juste que ça commence à faire un petit moment qu'on est là, et on commence à être un petit nombre. Et puis notre base commence à enfin ressembler à quelque chose.
- Ça fait beaucoup de "commence" dans la même phrase, commente David.
- J'oubliais qu'on avait de fins linguistes dans la salle. Toujours est-il que puisque l'hiver arrive et qu'on va avoir un peu de temps devant nous, je me disais que ce serait l'occasion d'élire un maire."

Je m'étouffe avec mon bol de pâte de nutriments, chose que je croyais physiquement impossible. Lorsque je reprends mon souffle, je lâche un petit rire puis attrape un revolver et tire en l'air. Huden effectue un vif pas de côté accompagné d'un cri viril pour esquiver la balle qui a ricoché au plafond.

"Pardon ? je demande. J'ai sûrement dû mal comprendre, j'ai entendu les mots "élire" et "maire". J'ai quatre cents ans après tout, je dois avoir les oreilles qui déconnent.
- N... non non, vous avez bien entendu Capitaine, ah ah", fait Huden d'un ton faussement rassuré.

Je ramène en arrière le chien de mon arme et pointe le canon vers lui.

"Concrètement tu veux mourir Huden, on est bien d'accord ?
- Attendez, je pense qu'il y a méprise ! tente-t-il de se justifier. Loin de moi l'idée de vouloir vous ôter votre place. Le rôle du maire est avant tout social. Il écoute les problèmes des gens, les réconfortent, assure le moral, quoi. Je n'ai absolument aucune intention de remettre en question votre position de Capitaine."
J'abaisse mon revolver mais seulement très légèrement. "Et ça te trouerait le cul de me toucher deux mots de ce genre de trucs avant de les organiser ?
- Eh bien, eh eh, en fait...
- Moi je trouve que c'est une très bonne idée, intervient Cody.
- Oui, sans déconner." Je soupire. "Bon. Pourquoi pas Huden. Comment tu veux faire ça ?
- Il faudra d'abord savoir qui se présente." Il lève la main. "Je suis volontaire."

Je regarde autour de moi. Personne d'autre ne semble vouloir le poste. Peut-être que je les intimide un peu. Je secoue la tête.

"Je suppose que je me présente aussi. Je suis capable d'assumer ce genre de truc.
- Bien. Dans ce cas je propose de nous retrouver d'ici une semaine pour procéder au vote.
- Comme tu veux."

Chacun retourne vaquer à ses occupations. Juste avant qu'il se sorte, j'attrape Huden par l'épaule.

"Ne refais. Plus. Jamais ça ! je grince entre mes dents. La prochaine fois tu es mort.
- Vous n'aimez pas beaucoup la démocratie, hein ? rétorque-t-il.
- Ne pousse pas plus, Arch'. Tu as de la chance que je t'aime bien."

[---]



Soit je me suis ramolli, soit je suis devenu sacrément désespéré. Un Patel m'aurait fait un coup pareil, il aurait fini au fond des mers de Phobos dans la seconde. Vivement la guerre que je me secoue un peu.

Le lendemain, chacun affiche son programme pour les élections. Je décide de faire simple. Huden quand à lui...






Spoiler: MontrerCacher
Je précise que les "programmes" sont générés par le jeu en fonction des personnalités de chacun, c'est pas moi hein. jvnoel



Ce qui me rassure c'est que je vois mal comment il pourrait gagner avec un programme aussi pourri. Ce qui m'inquiète en revanche, c'est que s'il y a bien une chose que j'ai retenu des élections sur Phobos, c'est que ce n'est pas le meilleur qui l'emporte. Simplement celui qui a le plus de voix.

Le problème avec Huden c'est que littéralement tout le monde l'adore.



C'est une véritable machine à ami. Ça risque d'être tendu pour moi.
Bon, je devrais probablement avoir le vote d'Irène si elle ne me requitte pas d'ici une semaine. J'aurais pensé qu'elle serait capable de convaincre son frère de voter pour moi mais les deux ne s'entendent pas vraiment.
Huden lui a très certainement les votes de Cody et David.
Reste Schmidt qui demeure incertain. À la condition qu'il vote effectivement, déjà.

[---]



Problème dans la matinée ! Huden m'annonce tout fièrement au petit déjeuner qu'il va descendre toutes les réserves de Go-Juice. Pour fêter je sais pas trop quoi, la fin de l'automne. Or il n'en est pas question. Ce truc coûte une fortune. C'est une drogue qu'on a choppé qui permet de faire disparaître la douleur et d'augmenter les capacités physiques. Et ce conniaud veut tirer tout ça juste pour rigoler.



Je choppe donc tout ce qu'on a et cours le planquer dans ma chambre pour qu'il n'y ait pas accès. Putain on en est vraiment arrivé là ? Et c'est pour ce type que les gens veulent voter ?



Du coup je commence à produire des joints en masse. Au moins si des gens veulent taper là-dedans c'est plus sain et ça coûte moins cher.

[---]



Irène a fini la sculpture sur laquelle elle travaillait depuis un moment. Bon le sujet n'est pas franchement captivant en soit mais je suis impressionné par la réalisation. Il s'agit d'un chef-d'œuvre, tout simplement.



Je la fais installer dans ma suite, qui désormais ressemble enfin à une chambre de capitaine digne de ce nom. Je n'en suis pas peu fier.

[---]

"Capitaine, alerte ! Alerte !"

Je détourne la tête de mes patates pour voir Freckles courir vers moi. Sachant que c'était son tour de guetter ce n'est pas de très bon augure.

"Que ce passe-t-il ?
- Une caravane Bindinithda arrive pile en même temps que des Butscam ! Ils vont leur tomber dessus, ça va être un massacre.
- ... Rassemble les autres. On va voir !"





Effectivement c'est un massacre. Ça pétarade de partout. Difficile de suivre l'action. Mais tout ce que je vois, c'est que les Bustcam nous tourne le dos.

"Soldats ! Bindinthda compte désormais parmi nos amis. Nous ne pouvons rester là à regarder leurs marchands se faire sauvagement agresser sur nos terres !" Je pointe mon sabre en avant. "À la bataille !"



Je charge le premier, et hurle :

"VOTEZ POUR MOOOOOOI !"



Le chaos qui suit est total. Je prends bien plus de coups que je n'aimerais l'avouer, mais je tiens le coup, et nous parvenons à arracher la victoire. Les Busctam slaloment misérablement à travers les balles en direction du trou à rats dont ils sont issus.

Je m'excuse auprès des marchands, qui font le choix de repartir aussitôt. J'accepte de prendre en charge leurs blessés trop faibles pour marcher.



Il y en a deux en tout mais l'un meurt sur le chemin. On réussit à soigner l'autre qui quitte la base quelques jours plus tard, à peu près remis sur pied. Voilà qui devrait être bien pour les relations.
Au passage, on a trouvé plein d'armes de bonne facture sur le champ de bataille. J'ai hérité d'un fusil à pompe, Huden d'une petite mitraillette. Ajoutez à ça diverses pièces d'armures récupérées çà et là et on commence à avoir de quoi se battre plutôt efficacement, finalement.

[---]



"Echec et mat, David.
- Oh, bien joué Capitaine.
- Tu vois, c'est exactement pour ça qu'il faut voter pour moi.
- Je garderais ça en mémoire, Capitaine."

Aujourd'hui c'est le grand jour. Ce soir à 18h commenceront les élections. J'ai peur que la situation n'ait pas beaucoup évolué depuis la semaine dernière. Tout dépendra des votes de Schmidt et Freckles. Je vais faire ce que je peux pour les convaincre.
Bordel pourquoi est-ce que j'y attache tant d'importance je ne veux même pas ce poste !

[---]



"Huden n'essaye pas d'influencer les élections !
- Mais absolument pas, c'est honteux de penser ça !
- Schmidt, vote tranquillement, et pour qui tu veux.
- Mais c'était bien ce que je comptais faire !"



"Tu es un être vicieux, Archibald Huden.
- Je ne faisais que lui rappeler l'importance du rôle d'un maire dans un communauté.
- Dans ce cas je vais devoir te rappeler le peu d'importance du rôle de maire par rapport à celui de Capitaine dans une bande telle que la nôtre.
- Oh, pas besoin, je suis sûr que vous me le rappellerez tous les jours une fois que j'aurais gagné.
- Ouais compte là-dessus.
- Sur ce, Schmidt était le dernier à voter. On va voir les résultats ?
- ... Bien sûr. Allons-y.
- Oui oui. On y va.
- Allez, je te suis.
- ... Ecoutez, je serais plus serein si vous rengainiez votre sabre pendant que je vous tourne le dos.
- Oh tiens ? Je l'avais sorti sans même m'en rendre compte. Un vieux réflexe. Allez, allons-y."







...


...


...


Perdu à une voix ! Tout le monde applaudit pendant que l'heureux élu fait un discours chaleureux.
Bordel je suis sûr c'est Freckles qui m'a trahit. Je vais devoir le tuer. Et tuer Huden aussi. Et puis aussi tuer Cody au cas où, pour ne pas laisser de veuf.

... Mon égo est salement touché, mais au final je m'en fous. Je paris que d'ici trois mois Arch' commencera à regretter son poste. Avoir des responsabilités n'est pas fait pour tout le monde.
Et on a plus important à gérer. On a trop stagné ces derniers temps. Il nous faut plus d'argent, plus de technologies...
Mais on dispose de plus d'hommes et d'armes désormais.

Je pense qu'on va pouvoir aller voir ce qui se cache dans le sanctuaire...







Zeropolsnotdead

le petit encart en haut a droite qui fait peur : "SS : dropping weapon, prison labor"  jvfou

CiterMiriam. Que ce nom m'évoque de bons souvenirs.
Probablement la faction qui donne le moins envie dans Alpha Centauri, faudrait peut être que j'aille lire le premier AAR pour comprendre ce qu'il s'est passé.

CiterJ'ai l'impression que tous ceux qui ont affaire aux Scies Rouges finissent soit mort soit chez nous.
Mais avec moi ça sera différent. Je suis déjà mort et je n'ai nulle part où aller.

 stkperfectwater

Citer...Savoir si tu serais capable de fabriquer ceci.
Spoiler: MontrerCacher


Citer- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Je sais pas. J'ai l'impression que notre relation ne va nulle part...
- Oh et c'est le fait qu'on ait trouvé une structure datant de milliers d'années juste à côté de nous qui a été le déclic ?

 jvrire

Spoiler: MontrerCacher

 stkperfectur  stkrat

Citerce serait l'occasion d'élire un maire.

Pourquoi ça m'est pas encore arrivé ? C'est un mod ? Avec des programmes électoraux en plus ?

il ya un un pb de formatage avec l'image juste apres " Et ce conniaud veut tirer tout ça juste pour rigoler." :
http://width=1000https//i.imgur.com/NrHIzg5.png


CiterJe charge le premier, et hurle :

"VOTEZ POUR MOOOOOOI !"

 jvrire

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Du bon boulot tout ca !

J'aime bien les grands épisodes comme ça, ça permet de bien rester dans l'ambiance sans être coupé.
Et je vote pour Arch' avoir plus de dessins  jvoui C'est qu'ils sont bien foutus.


Kait

Oct 30, 2019, 11:18 am #22 Dernière édition: Oct 30, 2019, 11:20 am par Kait
CiterPourquoi ça m'est pas encore arrivé ? C'est un mod ? Avec des programmes électoraux en plus ?

C'est avec le mod Psychologie. jvoui
Je le conseille fortement, ça ajoute des personnalités aux colons et ça change grandement leurs interactions entre eux et tout.

CiterErreur sur une image

Merci beaucoup, c'est corrigé !

CiterEt je vote pour Arch' avoir plus de dessins  jvoui C'est qu'ils sont bien foutus.


... Ok bouge pas. Comme c'est mon nainniversaire je vous balance une partie de ce que j'ai en stock.


PS : Pour répondre à @Notaproblem sur le Discord (sérieux arrêtez de faire ça les gars svp ;_;) :

EDIT : je reposte ce qu'il avait écrit.

Spoiler: MontrerCacher

Nan j'ai rien lu dessus, ni vécu personnellement quoi que ce soit en rapport. Je sais pas j'ai écrit ça assez naturellement en me basant sur ce qui se passait en jeu. Il faut croire que si ces trucs sont aussi universelles c'est que ça doit être plus ou moins inné d'une certaine façon.
Ça ou je suis moi-même extrêmement toxique et je le savais même pas
. jvhap

Notaproblem

Pour avoir piffé solo ce que tout un cours de deux heures et demie nous a enseigné, j'pense que t'as raté ta vocation ! T'aurais dû faire fac' de psy...
Quelque-chose ne va pas ? jvhap

Kait

Déc 06, 2019, 12:03 am #24 Dernière édition: Déc 06, 2019, 12:06 am par Kait


Adossé sur une pierre, posé sur un promontoire rocheux, je fixe le soleil se lever depuis le lac. Un spectacle qui ne me lassera jamais. Je profite habituellement de ces quelques instants de calme pour méditer, réfléchir à nos prochains mouvements.
Mais là mon esprit est étrangement vide et serein. Je suis simplement concentré.

Je tire une dernière fois sur ma cigarette, puis la jette directement dans le lac parce que nique cette planète. Puis je me relève et redescend le chemin en direction de la base. Lorsque je parviens aux portes, je traverse directement le couloir et pénètre dans la grande salle en construction, encore pleine de gravats. Mes hommes tournent leur têtes dans ma direction.

"Tout est prêt ? je demande.
- Nous sommes en place, Capitaine, affirme Cody. Si vous êtes toujours décidé à ouvrir ces murs anciens, quel que soit ce qui se cache derrière."
J'arme mon fusil à pompe. "Plus que jamais.
- C'est une très mauvaise idée je pense, se renfrogne Freckles.
- Contente toi de taper de toutes tes forces sur quoi que ce soit d'hostile se trouvant à l'intérieur. Allons-y."


Kait









La masse de David s'abat une dernière fois sur le mur de brique. Lorsque la poussière se dissipe, ne reste face à nous qu'un trou béant. À l'intérieur, une pièce encore plus sombre que celle dans laquelle nous nous trouvons.
Un silence de mort règne. Personne n'y voit rien. Sauf moi. Mon œil gauche s'active.
... Et je vois précisément une créature mécanique humanoïde nous foncer dessus dans un vacarme métallique, deux grandes lames en forme de bras.

"FEU À VOLONTÉ !"

Toute notre puissance de feu s'abat sur elle et elle s'effondre, en miettes. Cependant j'aperçois deux autres silhouettes dans l'obscurité. Elles sont équipées de choses qui ressemble à de longs fusils high-tech. L'une d'elle vise Arch'.
Mon sang ne fait qu'un tour. Je lâche mon arme, dégaine mon sabre et m'engouffre dans la salle. Je dévie in extremis le canon du plus proche d'un coup de lame. Une boule de plasma jaillit et rebondit contre le sol, illuminant un bref instant les lieux d'une lueur bleue. Cody en profite pour aligner un tir parfait qui déstabilise la créature. Je lui assène alors une violente taillade en plein dans le thorax. Ma lame n'a aucun mal à traverser son armure d'acier comme si c'était du papier et la machine s'éteint sur le coup.
Il ne faut pas beaucoup plus de temps pour que la dernière chose subisse le même sort.



Nous investiguons alors les lieux, sur nos gardes.



Trois caissons de cryogénisation. Divers éléments au sol. De la très haute technologie.



Notamment, une sorte de fusil de précision à plasma. De facture humaine visiblement, possiblement. Elle comporte en tout cas une inscription dans notre alphabet : Le Termite Rouge.

"Je crois que je t'ai trouvé mieux que ce fusil à verrou, Cody. Tu es notre meilleur tireur après tout."

Cody soulève l'arme et l'inspecte sous tous les angles, avant de la reposer pour porter son regard sur le caisson face à lui.

"Vous comptez les ouvrir Capitaine ?
- Maintenant qu'on a sécurisé les lieux... Enfin, tenez-vous prêt au cas où les gens dedans soient agressifs."

Il hoche la tête et lance la procédure d'ouverture un peu au hasard puis recule.



Tout à coup, les trois pods crachent un nuage de vapeur et leur parties supérieures se soulèvent. Un de ses occupants saute au sol en titubant, et nous charge tel une furie.



Nous n'avons aucun mal à le maîtriser. Je pointe alors mon arme vers la deuxième personne. Une femme d'âge avancée qui lève aussitôt les bras et dit en français :

"Ne tirez pas ! Ne tirez pas !
- Dieu merci," je soupire. J'abaisse mon canon. "On va pouvoir se comprendre.
- Vous êtes l'équipe de secours envoyée par le Capitaine Cerveza ?
- Le Capitaine qui ?
- Oh, euh... intervient Huden. Je... je crois que vous avez quelques milliers d'année de retard.
- Comment ça ?
- Ça va être long", je conclus.


[---]


"... On progressait difficilement. Personne n'avait de connaissance de cette planète. Et puis on s'est fait attaquer.
- Par qui ? Il n'y avait personne d'autres à l'époque sur Elpis, si ? je demande.
- Par elles. Ces machines. Elles sont sorties de nulle part et nous ont sauté dessus. On a réussi à s'en charger mais on a eu deux blessées." Elle pointe sa cheville J'en faisais partie."

Nous avons installé l'inconnue confortablement dans la salle commune et David lui a servi un bon repas chaud. Je l'ai ensuite invité à partager son histoire. Elle nous narre donc l'expédition d'exploration qu'elle a mené au côté du Capitaine Cerveza, il y a bien longtemps de cela.

"Le Capitaine ne voulait pas être trop ralenti, poursuit-elle. Il a donc décidé de nous laisser en stase, cachés ici. Il avait juré qu'il reviendrait nous réveiller sur le chemin du retour. Je... Je n'arrive pas à croire qu'il ne soit jamais revenu. Un si grand homme, le Capitaine Cerveza.
- Peut-être bien qu'il est revenu," interrompt Cody. Il lui tend le fusil à plasma qu'elle saisit. "Regardez, cette arme n'a pas l'air de facture humaine, mais c'est écrit dans notre langue. Je sais que c'est gravé, mais peut-être pourriez-vous quand même reconnaître l'écriture ?
- C'est..." Elle semble estomaquée. "C'est bien celle du Capitaine. Mais comment est-ce...
- Eh bien il a trouvé cet objet au cours de son expédition, et l'a laissé ici sur le chemin du retour, après avoir fait le choix de ne pas vous réveiller, dit Schmidt sans la moindre once de tact.
- Mais pourquoi aurait-il fait une chose pareille ?
- Allez savoir, je dis. Les choses prennent une tournure étrange, parfois."

Elle reste silencieuse, faisant un effort visible pour demeurer digne. Puis elle demande d'une voix serrée :

"Je pourrais garder le fusil ? Je le connaissais bien, et ça me ferait..."
Je secoue la tête. "Hors de question. Cody le garde.
- Mais je suis une excellente tireuse !
- Sauf que je ne vous connais pas. Et vous avez l'air d'avoir passé vos... vos années de vigueur.
- Vous plaisantez ? Je n'ai que trente ans !
- Il faudrait mettre au courant votre visage, alors."

Elle met instinctivement ses mains au visage, et reste figée dans cette position. Ça arrive des fois avec les systèmes de cryogénisations, surtout des vieux modèles sur d'aussi longue périodes.

"Ce... C'est impossible je..."

Eh ouais ça doit faire un choc de prendre une cinquantaine d'année d'un coup.

Personne ne dit rien. Au bout d'un moment ça finit par m'emmerder donc je lance :

"Au fait c'est quoi votre petit nom ? Vous ne l'avez toujours pas dit.
- ... Zlata Massey, finit-elle par murmumer. Ma compagnonne d'arme qui dort actuellement dans votre hôpital s'appelle Chiya Sagae, nom de code "Lion". Celui qui a tenté de vous attaquer s'appelle Dimon. Il s'agit d'un déserteur. Le Capitaine Cerveza avait décidé de le placer en dormance avec nous en attendant de savoir quoi faire de lui.
- Oh, à ce propos, euh, il est mort, fait Schmidt. Il a pas survécu à nos coups. ...Mais je lui ai piqué ses fringues avant, si quelqu'un veut."

J'aime bien ce Schmidt, je ne sais pas pourquoi. Bon. Je me tape sur les cuisses et me lève en grognant.

"Je pense qu'on a tous besoin d'une bonne nuit de sommeil pour assimiler tout ce qui vient de se passer. Bonne nuit à tous messieurs."


...


Je tombe sur Freckles en pleine contemplation des étoiles.

"Qu'est-ce que vous faites ici à une heure aussi tardive, Capitaine ?
- J'allais pisser en fait. J'aime bien le faire dans le lac.
- ...
- Je sais pas, le bruit des gouttes contre l'eau, c'est agréable.
- ...
- Et puis merde j'ai pas à me justifier ! Qu'est-ce que toi tu fous là ?
- Je réfléchissais, Capitaine.
- Wow, surprenant.
- Ça fait un choc quand même. De se dire que toutes ces histoires sur l'Arche et nos origines sont vraies.
- Bien entendu qu'elles sont vraies. Vous n'êtes pas arrivés sur cette planète par magie. J'aurais pensé que ma seule présence ici aurait suffi à t'en convaincre.
- Oui mais... C'est fou de se dire que fut un temps nous étions vraiment tous unis. Je suis doublement plus déterminé à exterminer les Scies Rouges, désormais. Sans eux, tout serait plus simple.
- Peut-être. Ce n'est jamais aussi simple, je pense. Mais ton ardeur fait chaud au cœur.
- Ils ont détruit ma vie. Je ne trouverais le repos qu'en mourant au combat contre eux. Si cela peut éviter à d'autres vies d'être gâchées."

Je le fixe d'un air interrogateur. Freckles est loin d'être mon meilleur combattant. Mais j'aime cette façon de penser.


[---]


Il s'est passé deux trois bricoles avant que ces nouveaux arrivants ne viennent perturber nos habitudes.



Tout d'abord j'ai décidé de faire payer les séjours à nos très chers invités. Parce que ça va bien, on fait pas dans la charité, non plus. Ça devrait faire une coquette rentrée d'argent ma foi fort bienvenue.



Egalement, un nouveau bureau a été construit pour Arch', maintenant qu'il est maire. Ça me troue le cul.



Du coup j'ai laissé une petite oeuvre sur un des sièges dedans pour qu'il se rappelle qui commande à chaque fois qu'il travaillerait dedans et regardera en face de lui. On fait ce qu'on peut.



Par ailleurs moi et Irène sommes parvenu à apprivoiser quelques boomalopes des environs. Cela nous permettra de générer du carburant, qu'on pourra sûrement vendre à l'occasion. Tôt ou tard on finira par rouler sur l'or, je le sens.

[---]



La seconde femme s'est réveillée et a rejoint nos rangs à son tour. Il s'agit d'une technicienne hautement qualifiée, un élément très prometteur. Elle et Massey sont cependant complètement chamboulées pour le moment et c'est compréhensible. Et puis les pauvres sont littéralement bombardées de questions par à peu près tout le monde. C'est compréhensible cela dit, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre des personnes qui ont connu la Terre.

Cody en particulier est surexcité à ce sujet. C'en est presque du harcèlement, il tient absolument à savoir si chacun des détails des bases de données secrètes de Kayte qu'il a lu sont véridiques. Les Elpisiens veulent surtout en savoir plus sur les premières années de la colonisation. Ça avait l'air d'être quelqu'un ce Capitaine Cerveza. Un vrai héros à les entendre. Mais visiblement ce genre de personnage tend à ne pas vivre longtemps, entourés de factions diverses prêtes à s'entre-déchirer. Et c'est dans ce cas-là que le pouvoir finit par retomber sur quelqu'un comme Kayte.
... Ou moi, il faut bien être honnête.
Enfin bref.



Celle qu'on appelle Lion n'est pas franchement une combattante. Je réussis donc à la persuader de me filer son armure et son fusil d'assaut. J'ai enfin un équipement adéquat. Je me sens invincible.



Oh et Irène m'a encore quitté.

[---]



Les Scies Rouges, encore et toujours  ! Mais ils y mettent du cœur, cette fois.



Nous ne sommes pas assez rapides à intervenir. Lorsque nous arrivons sur place, ils ont déjà percé les murailles et utilisent nos propres barricades à leur avantage ! J'envoie Schmidt, Freckles et Huden les contourner pendant que Cody et moi effectuons un tir de suppression.



La tactique est efficace ! Bientôt le premier groupe prend le large ! J'en profite pour pousser notre avantage, et rejoins les sacs de sable.



Pas assez rapidement cependant. J'arrive au niveau des fortifications en même temps que la seconde escouade de pillards. Je me retrouve pris dans un terrible affrontement au corps à corps contre trois adversaires à la fois.



Nous finissons cependant par triompher. Tout le monde est un peu secoué, mais hormis un orteil en moins pour Schmidt, nous n'avons pas de grosses pertes à déplorer.


[---]


"...Attention cependant, il pourrait y avoir des gardiens protégeant le butin, mes informations ne sont pas complètes à ce sujet.
- Très bien, je vous remercie, Ponce.
- C'est moi qui vous remercie, Capitaine Kaytensson. Nos marchands se portent beaucoup mieux depuis que nous sommes en bons termes. Tous me disent apprécier les séjours qu'ils passent chez vous, et que votre base est une étape clé pour traverser les montagnes.
- Et croyez-moi que cette situation se poursuivra tant que vous continuerez de nous envoyer des tuyaux comme ceux-là. Kaytensson terminé !"

Je raccroche la radio et lève les bras en l'air en signe de victoire.

"YIHAAA ! Devine qui vient de nous dégoter l'emplacement de 1800 écus en cash ?!
- Vous, Capitaine, je suppose", répond Freckles, le seul encore présent dans la salle à manger, une cuillère remplie de bouillon à la main.
Je l'attrape par le col, surexcité. " Tu vas voir mon gars, encore quelques coups comme ça et bientôt nous allons vivre comme des rois !
- ... Vous avez mis votre manche dans ma soupe, Capitaine."
Je baisse les yeux. "Oh."

Je le relâche puis m'allume une clope. Freckles termine son repas d'une longue gorgée pour s'essuie la bouche avec son bras.

"Au fait, Capitaine. J'ai appris que vous vous étiez séparé de ma sœur. Je dois dire que c'est une bonne chose. Vous savez, si vous voulez mon avis sur les f...
- Ah non, en fait on s'est déjà remis ensemble. Une simple formalité.
- ...Oh."

Le malaise qui suit est palpable, et je suis reconnaissant envers la radio de tout à coup s'activer. Les hauts parleurs transmettent une voix paniquée :

"Qui que ce soit qui reçoivent ce signal, je vous en conjure venez m'aider. Mon nom est Evan ! Je suis actuellement retenu prisonnier, mes coordonnées sont...
- Evan ?! s'écrit Freckles. Evan c'est toi ?!
- Euh.
- Freckles ? Freckles mon amour ?
- Ah ok.
- C'est bien moi ! Que t'arrive-t-il ?
- Les Scies Rouges m'ont fait prisonnier ! Je t'envoie mes coordonnées. Fais-vite, ils... Oh bon sang il faut que j'y aille."

La communication se coupe brusquement. Freckles me lance un regard angoissé. Je place mes deux index devant moi et les fait se toucher :

"Je ne savais pas que...
- Il faut aller le chercher, Capitaine ! Je vous en supplie.
- D'accord, d'accord. Je comptais faire une expédition prochainement de toute façon, et ce n'est pas très loin.
- S'il vous plait, laissez-m'en faire partie !
- Non. Tu es blessé à la jambe, tu vas nous ralentir. J'irais uniquement avec Cody, je pense que ça suffira.
- Mais...
- Tut tut. C'est comme ça. Ne t'inquiète pas, je m'occuperais de ses ravisseurs."

Je quitte les lieux, sourd à ses protestations, et sort prévenir mon Patel préféré qui monte la garde dehors. Nous partirons à l'aube.


[---]



"Ça fait du bien de partir à l'aventure juste toi et moi Cody. Ça me rappelle toujours le bon vieux temps.
- Oui, Capitaine.
- Et puis ça nous change d'air, un peu. Il s'en est passé des choses ces derniers jours. Un peu de randonnée devrait nous permettre de souffler un peu.
- C'est sûr, Capitaine. Mais il y a tant de questions que j'aimerais encore poser à Zlata et Chiya. Elles étaient encore jeunes, mais elles ont connu la Terre, c'est incroyable. Tout ce que je savais de cette planète n'était que des images dans une base de données, mais les entendre en parler... J'aimerais tellement y aller un jour.
- J'ai peur que ça ne soit pas possible Cody. Du peu de ce que j'ai compris, il y a de forte chance qu'elle ait subi le même sort que Chiron...
- Donc vous pensez qu'il n'y a aucun moyen de battre les Usurpateurs un jour et de reprendre ce qui nous est dû ?"

Aïe. Ça me fait mal d'entendre ça. Ça semble si inaccessible. Il y a encore tant à faire avant d'en arriver là.

"...Disons que je me concentre sur ce qui est à notre portée à l'heure actuelle. Tout est possible si on reste focalisé sur notre objectif et qu'on fait une chose à la fois.
- Au pire tant pis on meurt, non ?
- C'est moi qui dis ce genre de conneries d'habitudes. Oh, attends, une transmission."

Je décroche ma radio de ma ceinture.

"Hudson, on a un problème !" fait la voix d'Arch'.
Je fronce les sourcils. "Je m'appelle pas Hudson.
- Euh, ce n'est rien, juste une phrase célèbre que dit Massey souvent. Enfin on s'en fout, c'est la merde. Notre activité dans le sanctuaire a dû remuer quelque chose en profondeur. Y'a des énormes insectes qui sont sortis du sol et ont commencé à faire leur nid dans la salle, c'est affreux. Y'a Freckles qui court partout en disant qu'il nous l'avait bien dit que ce lieu était maudit.
- Ok, euh, dis-lui de fermer sa gueule et...
- WOW FRECKLES TU TE CALMES OK ?
- Pas très diplomatique ça.
- J'm'en fous il a pas voté pour moi.
- Comment tu sais ?
- C'est pas important Capitaine.
- Qu'est-ce qu'on fait, demande Cody. Demi-tour ?
- Eh bien je crois qu'on a pas trop le choix. On va pas risquer toute la base pour 1800 écus et le grand amour de Freckles. Ok Arch', on va...
- Oh, attendez Capitaine, Dame Mosser me fait des signes. Je vous la passe."

J'entends quelques grésillements et c'est la voix d'Irène qui sort désormais de l'appareil.

"Ulrik ?
- Lui-même.
- Ne fais pas demi-tour, reste sur l'objectif. Je pense avoir la situation en main.
- Tu es sûre ?
- Pas entièrement mais j'ai un plan. J'ai sous la main un stock assez conséquent de cocktails Molotov et je pense pouvoir tirer ça à notre avantage.
- ... Bon. Je te fais confiance. Mais reste prudente et assurez-vous d'avoir toujours plusieurs positions de repli au cas où ça ne fonctionne pas."

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"Je suis pas très rassuré, Cody. Mais comme je l'ai dit, il faut rester focalisé sur notre objectif.
- Capitaine, on a un problème plus urgent.
- Quoi enc... Oh."



"Il croit vraiment pouvoir nous dévaliser ?
- En tout cas il court vers nous à toute vitesse.
- Bah, c'est l'occasion de tester ce fameux fusil. Fais voir un peu ce qu'il a dans le ventre."



Cody prend quelques secondes pour viser méticuleusement. Puis il expire et appuie sur la détente. Le canon vomit alors un jet de plasma bleu qui fuse à travers la plaine. Le bandit s'effondre en hurlant, la jambe littéralement oblitérée par le coup. 

"Wow ho ho. La vache, la puissance de ce truc.
- En effet Capitaine. Je pense que si j'avais visé le torse, il aurait explosé.
- Putain. Bon, je vais l'achever, je reviens."

[---]



"Ok, Kaytensson à Repaire, quelqu'un me reçoit ? Je répète, Kaytensson à Repaire.
- Je te reçois Ulrik !
- Oh Irène c'est t... Qu'est-ce qu'il se passe, vous êtes en train de tester un bélier ?
- Non, c'est plutôt l'inverse. J'ai tenté d'enfumer les insectes et ils n'ont pas l'air d'appréci... FRECKLES TIENS BON ! HUDEN DONNEZ LUI UN COUP DE MAIN !
- JE FAIS CE QUE JE PEUX DE MON CÔTÉ !
- Je veux surtout pas déranger hein.
- C'est juste vraiment pas le bon moment, désolée !
- Ok bah c'était juste pour dire que Cody et moi on a récupéré l'argent, qu'on a fait une halte chez les Chomar et qu'on va tenter de sauver le copain de ton frangin.
- PUTAIN ÇA VA PÉTER ! ATTENTION DAVID !
- ... Donc à dans une dizaine de jour. Si vous êtes encore en vie."

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Je reste une demi-douzaine de secondes à fixer la radio sans rien dire après avoir coupé la transmission. Puis je hausse les épaules et me tourne vers Cody qui rentre des courses, un sac chargé de provisions à la main.

"Quelles sont les nouvelles ? demande-t-il vaguement inquiet.
- Bah, ils s'en sortiront. Si l'on ne croit pas en nos propres hommes comment pourraient-ils croire en nous, Cody ?
- Vous pensez vraiment ce que vous venez de dire ?
- Non, pas franchement mais on peut rien faire d'ici dans tous les cas, alors poursuivons notre mission."

[---]



"Quatre... Et cinq. J'en vois cinq, Capitaine."

Cody retire ses yeux des jumelles et me les tend. Je dis :

"Je pense que c'est largement jouable. Tu vois la petite cabane abandonnée à 10 heures ? On peut prendre position depuis là et les canarder. Avec l'effet de surprise on devrait en finir rapidement avec eux.
- Compris.
- Allez, en route."



"Prends ça enfoiré de Scie Rouge !
- Attention Cap-"

La balle de fusil à verrou ricoche sur mon armure. Je pousse un juron et revoit une autre rafale qui atteint l'ennemi en pleine tête. Un autre bandit nous charge au couteau et connait le même sort.



Je repère un troisième type qui nous court dessus, un cocktail molotov allumé à la main.

"CODY ATTENTION !"

Cody réagit aussitôt et pointe son arme vers lui.



Le jet de plasma pulvérise instantanément le torse de l'homme qui s'effondre. Sa bouteille retombe sur lui et embrase son corps inanimé. Cette vision décide les deux survivants à se carapater bien comme il faut.



J'enfonce la porte.

"Ne paniquez pas ! Nous sommes des amis de Freckles et nous venons vous sauv..."

J'ai face à moi un petit vieux tout sec et apeuré.

"C'est... c'est toi Evan ?
- Vous... Vous êtes les gens venus me sauver ? lance-t-il avec méfiance.
- Beh maintenant que tu le dis..."

Cody arrive dans la pièce à son tour. Et remarque mon scepticisme assez rapidement.

"Tu sais faire quelque chose de particulier ? je demande à tout hasard ?
- Je... Je peux faire pleins de choses ! Je... Je sais planter les choux ! Je ne serais pas un fardeau je vous jure."
Je me tourne vers Cody. "Ce sera totalement un fardeau. Bon, prends ce que tu peux trouver en provision et on se casse.
- Capitaine c'est hors de question.
- Si si, on va faire ça.
- On ne va pas laisser cet homme mourir ici.
- Franchement si.
- Euh, intervient Evan, je suis là.
- C'est pas en appliquant ce genre d'idéologie qu'on accomplira quoi que ce soit d'important, Capitaine !"

Je t'attrape par le col d'une main et lui parle d'une voix basse.

"Ecoute-moi bien. Au contraire, ce qu'on a à faire est trop important pour qu'on prenne le moindre risque sans que ça soit absolument nécessaire. On a une tâche quasi-impossible à effectuer, et une chose est sûre c'est qu'on ne pourra pas sauver tout le monde.
- Il faut quand même essayer sin-
- Nos réserves sont déjà beaucoup trop juste. On est perpétuellement au bord de la famine. Je refuse de mettre en danger la vie d'éléments compétents pour sauver un petit vieux rachitique qui serait à peine d'aide pour planter des choux. On ne renversera pas Kayte avec ce genre de personne. J'veux dire putain, toi et moi on est une équipe du tonnerre. On a déjà fait beaucoup plus que ce qu'on pensait possible de faire en arrivant ici, mais c'est uniquement en s'entourant des meilleurs qu'on accomplira réellement de grandes choses.
- ...
- On ne peut pas se permettre de faire dans la charité."

Cody finit par soupirer.

"Rentrons à la maison, alors.
- Merci."


[---]


"Kaytensson à Repaire, quelqu'un me reçoit ?"

Je suis accroupi sur un roc, le soleil se couchant face à moi, la radio au niveau du visage.

"Je vous reçois Capitaine.
- Ah, Huden ! Quelles sont les nouvelles ?
- Bonnes, Capitaine. On a réussi à se les faire. La tactique de la Demoiselle Mosser a fonctionné à merveille. Ça sent le rôti d'insecte dans toute la base mais au moins on en a fini avec cette infestation.
- Parfait ça.
- C'est un sacré bout de femme que vous avez là, Capitaine. Elle a parfaitement maîtrisé la situation. Je suis en train d'éliminer les dernières ruches à l'instant même."

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"Je suis fier de vous, les gars. Bon, de notre côté on a... pas réussi à sauver le cher et tendre de Freckles. On est arrivé trop tard malheureusement.
- Oh. ...Ça risque de ne pas lui plaire.
- Ouais je sais." Je tourne la tête vers Cody qui monte la garde sans un mot en contrebas. "Ton cher et tendre à toi ne l'a pas apprécié non plus. Tu es le maire, je te charge de lui annoncer la nouvelle. Si ça peut alléger sa peine, qu'il sache qu'on a tué ses ravisseurs jusqu'au dernier.
- ... Très bien. Je m'en chargerais, Capitaine.
- De toute façon on va gentiment prendre le chemin du retour nous.
- Oh ! À ce propos ! Des Chomar sont passés. Ils nous ont filé un tuyau. Apparemment y'aurait une cache des Scies Rouges au Nord-Ouest de la base avec du matériel de très haute technologie. Ils ne savent pas si elle serait défendue ou pas. Peut-être pourriez-vous aller jeter un œil ? Je vous envoie ses coordonnées.
- Hum. Ouais, ça nous fait faire un détour mais vous survivrez bien encore quelques jours sans nous. On va aller voir."

[---]



[---]

"C'est l'endroit, Cody. Voyons voir ce qui s'y cach...
- ATTENTION !"

Cody me force à baisser la tête juste à temps. Une balle ricoche contre le mur derrière moi.



Il réplique aussitôt d'un tir de plasma qui terrasse l'assassin sur le coup.




"SALAUDS !"

Je me rue à l'intérieur du bâtiment pour prendre couvert et tire à l'aveuglette dans la végétation. Ces enflures nous ont complètement encerclé !
Alors que Cody prend position derrière un rocher je repère un ennemi qui tente de le prendre à revers. J'essaye de l'abattre mais ne parvient pas à trouver un angle de tir. Je jure, dégaine mon sabre et le charge.

La manœuvre est efficace mais une fois l'abruti coupé en rondelles je me retrouve complètement exposé. Je grogne lorsque les balles ricochent sur mon armure tandis que je cherche un abri. Je localise finalement la source des tirs et l'arrête d'une rafale de fusil d'assaut.



Ils en ont eu pour leur compte, visiblement. Les détonations expirent. On a pris plutôt cher tous les deux. Un type a réussi à attaquer Cody par derrière, mais rien de bien grave.

"Putain ! Tu penses que les Chomar ont tentés de nous la faire à l'envers ?
- Je... Je ne sais pas, Capitaine. Ça dépend de s'il y a quelque chose là-dedans."

À l'intérieur, nous trouvons diverses provisions et éléments sans intérêt, et ce qui ressemble à un auto-injecteur, caché au fond d'une boîte.

"Tu sais ce que c'est ?
- On dirait vaguement ce qu'on utilisait pour se faire des injections d'adrénaline pendant la guerre. Mais c'est d'une facture que je ne reconnais pas. 
- Bah, ça doit sûrement valoir quelque chose. Allez, il est grand temps de rentrer à la maison.

Kait



"Allez, tu peux le faire, Cody. La base n'est plus qu'à une centaine de mètres.
- Argh, vous ne pourriez pas m'aider à marcher, Capitaine ?
- Non. Et puis ce n'est qu'une petite infection de rien du tout, tu ne vas pas en faire tout un ciném..."

Je saute instinctivement en arrière pour éviter la balle qui s'enfonce juste là où se tenaient mes pieds un instant avant.

"Mais bande de tarés ! J'en ai marre, ça fait deux fois en deux jours !
- Ce territoire est le domaine du Capitaine Kaytensson ! hurle une voix depuis les rochers. Partez ou vous serez éliminés !
- Je suis le Capitaine Kaytensson, espèce de gigantesque abruti !
- ... Oh. Navrée."

Nous nous approchons d'un pas méfiant et je vois Massey sortir de sa cachette, un fusil à verrou sur l'épaule.

"Je ne vous avais pas reconnu, vraiment navrée Capitaine.
- Je suis le seul blond à des milliers de kilomètre à la ronde, ce n'est pas si compliqué !
- C'est que le sommeil de mille ans a eu un effet terrible sur mes yeux, je ne vois plus grand chose.
- Dans ce cas-là il serait envisageable d'assurer un autre poste de guetteur, grosse conne. Bon, rends-toi utile et aide Cody à rejoindre sa chambre."

[---]

Putain et moi qui disait pouvoir avoir confiance en mes hommes...

Nous voilà rentrés à la maison après neuf jours d'expéditions. Hormis l'infestation il ne s'est pas passé grand-chose. Schmidt a choppé la peste mais les bons soins d'Huden et Irène ont permis de le remettre sur pied assez rapidement sans séquelles.



Des travaux d'expansions de la base sont toujours prévus.

Sinon, Freckles est dévasté de la mort de son amant. Oui oui, c'est super triste. J'espère qu'il arrivera à transformer cette tristesse en haine envers les Scies Rouges, j'ai besoin de guerriers acharnés, moi.


[---]


Un jour qu'on est rentré et c'est déjà la merde !



Une meute de rats explosifs en furie !



De pauvres visiteurs d'Herinum inconscients !



Grouillez-vous putain !




Ils réussissent à rentrer in extremis grâce au sacrifice héroïque de l'une d'entre eux qui retient courageusement les rats.

On a très peu de temps pour agir.




Je réussis à profiter du fait que la horde soit en train de faire le tour de la montagne pour attaquer par la rivière pour porter secours à la malheureuse bien amochée.



J'ai juste le temps de revenir sur la barricade pour bloquer le terrible assaut. Bon, on commence à avoir du budget niveau équipement maintenant donc repousser l'assaut n'est en fait pas si compliqué que ça.



Cependant un autre groupe de visiteurs est arrivé entre temps, et on a pas pu faire grand-chose pour eux. Leur propriétaire risque de ne pas trop aimer.


[---]


Cody, Huden et moi pénétrons dans le bâtiment réservé aux invités.

"Désolé pour le dérangement ! je m'excuse. Sachez que votre amie a été soignée par notre meilleur médecin et devrait se rétablir d'ici quelques jours. Aussi je... quoi, pourquoi il ouvre des grands yeux lu- Attendez quoi ?
- Commandant Cody ?! s'exclame l'un des visiteurs.
- Que ?!" plante Huden.

Je ne rêve pas. J'ai face à moi un Patel en chair et en os. Je ne m'attendais honnêtement pas à ça. Ses deux comparses semblent aussi déboussolés qu'Arch'. Je prends la parole :

"Ok alors je pense que tout le monde va avoir besoin de quelques explications. Oh et c'est Lieutenant Cody, au passage."


[---]


"... donc tu avais une douzaine de partisans patels avec toi depuis le début et tu ne m'avais rien dit ?
- À vrai dire je pensais qu'ils étaient tous morts. Quand je vous ai réveillé, la plupart des systèmes étaient dysfonctionnels et on était complètement coupé de l'arrière du vaisseau.
- Vous êtes tous des clones... lâche Huden, le regard dans le vide.
- Je ne pensais pas que je les reverrais un jour, soupire Cody. C'était mes plus fidèles soldats sur Phobos.
- Et c'est un honneur de vous retrouver, Comm...
- Lieutenant Cody, je corrige. Bon, présente-toi un peu.
- Et bien, je m'appelle Edouard Patel, mais tout le monde me surnomme Drill. J'étais un Stormpatel spécialisé en ingénierie de terrain. Vous ne vous en souvenez peut-être pas, Capitaine, mais j'ai combattu à vos côtés lors de l'Assaut de la Dernière Chance.
- Je ne savais même pas qu'il s'appelait comme ça. Et si je devais me rappeler de tous les patels que j'ai eu à mes côtés en quatre cents ans...
- Je suis heureux que tu nous aies retrouvé Drill, sourit Cody. J'espère qu'on arrivera à récupérer les autres aussi. Toujours est-il que si tu veux te joindre à nous, une place t'attend évidemment. La lutte contre la dictature de Kayte et pour la libération des Patels continue.
- Ce serait un honneur, Com.. Lieutenant Cody.
- Mais... mais du coup il y a des milliers d'autres Cody ? demande Arch' complètement déboussolé.
- Non, il y a des milliers de patels, rectifie-je. Il n'y a qu'un seul Cody.
- Ah", lâche-t-il à moitié convaincu.

Je me tape sur les cuisses. "Bon et bah très bien. Encore deux ou trois comme celui-là et je me sentirais comme à la maison. Une chambre t'attend au fond du couloir. Par contre il faudra que tu expliques à tes deux potes que tu ne partiras pas avec eux."

[---]




Et beh. Je m'y attendais pas mais je m'en accommode très bien. Certes, les choses ne se présentent pas forcément sous un super angle, mais donnez-moi une équipe de patels en colère et armés jusqu'aux dents et on pourra déplacer des montagnes.



De mon côté j'ai réussi à choppé une infection après le terrible combat contre les rats. Rien de bien grave, on a des médicaments et des médecins compétents.



Quelque chose de plus grave c'est cette Massey. Si sa camarade Lion se révèle être un membre on ne peut plus efficace de notre colonie, on ne peut pas en dire autant d'elle. Le poids des années la rend quasi H.S. Elle n'arrive presque jamais à temps sur les lieux des combats, ne voit pas grand-chose... On la retrouve régulièrement écroulée dans les couloirs après avoir fumé un joint un peu trop chargé.
Si elle n'arrive pas à se rendre utile il va falloir que je réfléchisse à un moyen de m'en débarrasser...

[---]




La vie est constituée de cycle, paraît-il. J'ai sauvé Irène de l'attaque d'un rat qui avait échappé à notre vigilance. Alors qu'elle soignait mon infection, elle m'a de nouveau proposé en mariage. Et j'ai de nouveau refusé, évidemment.

Ce n'est pas comme si je ne savais pas gérer ce genre de situation. Une petite pause de quelques jours ne me fera pas de mal, tiens.

[---]

"CAPITAINE, VENEZ VOIR TOUT DE SUITE !"



Je retire mon œil de la longue-vue.

"Bon sang, ils foncent droit sur nous. Ok, Drill, c'est bien ça ton nom ? Cours prévenir les autres. On a besoin de tout le monde possible. C'est l'occasion de me prouver que tu es un vrai Stormpatel..."

Tandis que le patel sprinte vers la base, je reste là quelques instants à observer les machines qui avancent inexorablement vers nous. Bon sang, on a dû réveiller quelque chose de terrible lorsqu'on a ouvert le sanctuaire. Je n'ai pas trop le temps de mettre de l'ordre dans tout ça. Je soupire et redescends le chemin vers la base, une main cramponnée à la poignée de mon sabre.

Je rejoins l'équipe qui est en train de s'assembler derrière la barricade. Tout le monde se prépare au combat.

"Combien ils sont, Capitaine ? lance Huden.
- Un paquet. Huit je dirais. Tous armés de lames sur les bras. Il va falloir jouer très serré."



On forme une masse compacte, les canons braqués vers la rivière.

"Qu'est-ce qu'ils font là à votre avis ? demande Schmidt.
- C'est pas à moi que faut demander, j'en sais pas plus que vous.
- Ils veulent peut-être finir ce qu'ils ont commencé il y a mille ans, propose Lion.
- Ce serait vachement rancunier quand même, je commente.
- Je savais que c'était une mauvaise idée d'ouvr... commence Freckles.
- C'est pas le moment ! Ils arrivent ! Feu à volonté !"

Six détonations retentissent en même temps. Un véritable déluge de feu s'abat sur les monstres de métal, qui progressent inlassablement vers nous. Bientôt, le contact.



La confusion s'installe. Je me retrouve dos à Huden, face à deux machines. Je dévie une lame avec ma crosse de mon fusil d'assaut, puis profite de l'inertie du mouvement pour lâcher mon arme et dégainer mon sabre, tranchant un opposant dans le même mouvement. J'entends hurler.
Les coups pleuvent sur moi. Je réussis à tous les parer habilement, mais ne parvient pas à trouver d'ouverture. Une balle vient percuter le robot au niveau de la tête et lui fait perdre l'équilibre. Je saisis l'occasion pour le trancher en deux.
Je me retourne. Schmidt et Freckles sont au sol, on est en train de se faire submerger. Il nous faut créer de l'espace au plus vite ! J'ordonne :

"RETRAITE !"

Arch' se tourne vers moi alors que je recule pour me retirer du combat. Nos regards se croisent l'espace d'une seconde. Je tente de le prévenir.
La lame de la machine le fauche, tranchant net sa jambe gauche. Il tombe à plat dos en hurlant à pleins poumons. Il n'y a rien que je puisse faire.



On se regroupe près de l'entrée de la montagne. Je réalise qu'un de ces foutus robots est juste sur mes talons. Je fais aussitôt volte-face mais ne parviens que partiellement à dévier la frappe,  qui m'entaille profondément au cou. Je pousse un cri de rage et le décapite.
Pendant ce temps, le reste des hommes fait feu sur les assaillants encore à nos trousses.



L'intervention d'une visiteuse d'Herinum complètement défoncée qui passait par là nous permet de gagner juste assez de temps pour éliminer les trois qui reste.
Nous sommes victorieux, mais le prix à payer est cher.



J'accours vers les blessés. Les entailles sont terribles. Freckles a perdu un œil. Huden gémit encore faiblement, à deux doigts de perdre connaissance. Ma propre blessure saigne abondamment mais rien de grave par rapport à eux.










J'aide à les transporter puis je vais dans mon propre lit et perds connaissance.



Spoiler: MontrerCacher
'tain les blessures au cou c'est dangereux les enfants. Encore une fois ce n'est pas passé très loin pour le Capitaine.


[---]

Je me réveille quelques jours plus tard.




La base est dans un bordel monstre, il y a du sang partout, mais au moins tout le monde est vivant. Schmidt choppe une infection. Pas étonnant vu le nombre de coups qu'il s'est pris.
C'est un bon soldat, mais je devrais peut-être le ménager plus. Je comptais faire de lui mon principal chimiste, s'il meurt je serais emmerdé.



J'en profite pour me remettre avec Irène. On est resté séparé quatre jours, il était temps que les affaires reprennent.

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Il faut que ça arrive au moins une fois par chapitre on dirait.  stkblobnain

Notez que je ne les absolument pas enfermé dans la même pièce pendant une journée entière pour leur forcer un poil la main.  jvhap




Au bazar ambiant s'ajoute une épidémie d'intoxications alimentaires. Vu que c'est crade partout tout le monde choppe tout et n'importe quoi, et certains tentent de faire passer la douleur de leur estomac avec de la bonne herbe fraîche. Résultats : une bonne aprèm complètement dans les vapes à chaque fois.



Pour ne rien arranger on est en pleine vague de chaleur et une maladie a ravagé toutes nos récoltes. On passe plusieurs jours à tout arracher et replanter, et on a plus rien à se foutre sous la dent. Heureusement, il paraît qu'on a aperçu un troupeau de rhinocéros dans les parages (d'après la base de données de Cody).

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"Vous me dîtes que ma délégation a été ravagée par un troupeau de rhinocéros ?!
- Un terrible accident, je vous jure, Ponce ! On y est pour rien ! Vous savez comment ces régions peuvent être dangereuses par les temps qui courent.
- Vous avez intérêt à ne pas vous moquer de moi, Capitaine Kaytensson ! J'enverrai des hommes investiguer, et s'ils trouvent quoi que ce soit de louches...
- Oui oui ! Sur ce, vous voulez bien m'excuser ? J'ai des rhinocéros à repousser, moi !"

Je passe le reste de la journée à rabattre et abattre les animaux fous qui écument la région.  Alors que le soir tombe et que je rentre à la base, j'entends un gémissement quelques part dans la cambrousse.



"Aid... aidez-moi Capitaine.
- Oula, tu as l'air mal en point. C'est toi qui as agacé les rhinos, non ? Tu as dû avoir du mal à leur échapper avec ton petit corps flétri.
- Pitié...
- Tu as conscience que tu ne nous es pas très utile, hein ? Je veux bien croire que tu aies été une tireuse hors pair fut un temps, mais le fait est que tu n'y vois plus rien. Que tu as du mal à marcher. Et si ce n'était que ça, mais une fois sur deux tu es défoncée à l'herbe et tu n'as plus la moindre idée de ce que tu fais. Tu n'es pas vraiment d'une grande aide en combat, tout compte fait.
- Je... Je suis un soldat entraîné !
- C'était le cas il y a mille ans, peut-être. Peut-être que tu étais une des favorites du Capitaine Cerveza. Mais maintenant tout ce que j'ai devant moi c'est une vieillarde qui n'est même pas capable de m'expliquer pourquoi des foutus machines en veulent à notre peau."

Je m'agenouille à ses côtés.

"Désolé, mais il n'y a vraiment pas de place pour les faibles dans ma bande. Je ne peux tout simplement pas me le permettre, avec tout ce que j'ai encore à accomplir.
- Non, attend-
- Shhhht."

Je place une main sur sa bouche. Je vais faire ça proprement. Son corps est déjà bien entamé par une charge de rhinocéros, ce n'est pas comme si elle pouvait se défendre.


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"Zaya Massey était... Une grande guerrière à son époque. Et ceux qui l'ont connu en ces jours-là garderont d'elle un souvenir éternel. Quant à nous, nous ne pouvons que tenter d'honorer sa mémoire en poursuivant le combat."

Et puis au moins on a à manger maintenant.
Contre toute attente, personne n'est vraiment choqué par la mort de Massey. Il faut dire qu'on a pas vraiment eu le temps de la connaître. Même Lion, la seule à l'avoir connu un tant soit peu n'est pas plus affectée que ça.
Il faut dire qu'elle a d'autres occupations en tête en ce moment.



Elle et Schmidt forment un duo intéressant. Et puis ça libère toujours une chambre, je valide.

On a de quoi souffler un peu niveau nourriture, mais la base est dans un état de plus en plus désastreux. Tout est crade donc tout le monde est malade tout le temps donc tout le monde est défoncé tout le temps pour palier à la maladie et au fait que tout soit crade. Le stock de cigarettes diminue à vue d'œil.
C'est une putain de spirale démoniaque. J'ai vu David les yeux rouge sang tenter de faire revenir un steak déjà carbonisé, manquer de vomir dans le plat, puis le servir à Huden qui a choppé la gerbe deux heures après. On est à un stade de déchéance qui fait honte à notre statut. Si la situation continue comme ça je vais être obligé de prendre des mesures drastiques.



Pour parler d'un sujet qui n'a rien à voir, on a installé une jambe de bois à Huden avec les moyens du bord. Il arrive à marcher désormais, mais clairement pas aussi bien qu'avant.



Mais coup de chance ! Des marchands de Bindinithda nous ont parlé d'un super deal. Un de leur village a désespérément besoin d'un gros stock de cuir. En échange ils sont prêts à fournir divers objets d'une technologie avancée dont une jambe bionique.
J'ignore comment ils ont fait pour mettre la main sur quelque chose d'aussi avancé mais ça vaut le coup d'aller voir. D'autant qu'on a un gigantesque stock de peaux en tout genre, assez pour atteindre leur demande relativement rapidement.

Voilà qui devrait remonter le moral à Huden. L'homme est en train de craquer psychologiquement ça se voit.



En tant que maire, tout le monde vient le voir pour s'insurger de l'état désastreux de la colonie, et il a l'air de mal le vivre. Je l'avais bien dit qu'il était pas taillé pour ce boulot.

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Aujourd'hui on a subi une grosse attaque des Scies Rouges.



Drill a été un peu blessé mais les hommes se sont bien comportés. Cody notamment a encore une fois fait des merveilles avec son fusil.

Et moi dans tout ça ?



J'étais occupé à vomir mes tripes à l'entrée de la base, rendu malade par un plat cuit avec le cul par un type complètement défoncé dans une cuisine dégueulasse.
Cette fois j'en ai clairement ras le cul, on arrête tout !

Kait



"C'est une honte !
- Vous pouvez pas faire ça Capitaine !
- SILENCE ! Je veux rien entendre ! Ce qui est une honte c'est de vivre dans une porcherie pareille ! On est des gens sérieux, nous ! Donc voilà, j'ai mis le stock d'herbe sous clé, plus personne ne touchera le moindre joint !
- Je proteste vivement !
- Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, Arch'.
- Je... Je suis le maire tout de même ! J'ai mon mot à dire !
- Et tu l'as dit. Maintenant si tu veux régler ça proprement on peut toujours installer un ring de combat à l'extérieur. Et c'est valable pour vous autres aussi. Maintenant circulez ! Je veux plus vous voir."

Non sans moult protestations, ils finissent par tous quitter la salle. Tous sauf Cody qui me dévisage avec insistance.

"Quoi, qu'est-ce qu'il y a encore ? Je ne suis pas fier de toi, tu étais censé être le plus raisonnable de nous deux.
- Je reconnais mes fautes, Capitaine, je suis navré. Je me suis laissé embarquer par Archibald, les choses ont échappé à mon contrôle.
- Tss. Fais-en sorte que ça ne se reproduise plus. Ça me glace le sang mais j'ai l'impression que tu es le seul sur lequel je peux vraiment compter."

Je tourne les talons et rentre dans ma chambre. Irène n'y est pas, elle travaille aux champs à cette heure avancée. Bon bah s'il n'y a personne dans les parages, j'en profite pour m'allumer un petit joint. Eh, après tout j'ai beaucoup de pression sur les épaules et c'est moi qui ai les stocks, je l'ai bien mérité !

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"Capitaine, on a un problème !
- Oh merde, encore ? C'est quoi cette fois Cody ?
- C'est Drill ! Il est comme qui dirait retourné à l'état sauvage !
- Dis-moi que c'est une blague, s'il te plaît.
- C'est probablement sa puce de contrôle qui a disjoncté sous l'effet du stress, ça serait très probable.
- Oui ou alors c'est juste que c'est un Patel et qu'il est con comme une table. Eh, ne me lance pas ce regard-là, tu n'es clairement pas en position de me faire une leçon ethnologique quand l'un de tes semblables est en train d'hurler à la lune et de chasser le lapin avec les dents !
- Juste... Aidez-moi à le maîtriser.
- Oh mais je vais m'en charger tout seul même ! Ne bouge surtout pas !"

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J'ai réussi à maîtriser ce petit saligaud, même s'il s'est débattu comme un diable et m'a lancé des graviers dans les yeux.
Il faudra un peu de temps pour le ramener à la raison.

Mais très bien ! Ils ont gagné ! Je n'ai aboli les drogues que pendant deux jours et tout le monde a commencé à péter de partout. Si c'est la seule chose qui arrive à tenir la base hors des abysses et bien soit ! On va se murger la gueule tous ensemble.
J'ai honte, putain.




Pour la peine j'inaugure notre toute nouvelle brasserie en sifflant la première bière, la première d'une longue série d'alcoolisme.

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Ok cette fois c'est sûr quelqu'un veut notre peau. On a dû activer un système de défense, je sais pas. En tout cas un vaisseau vient de se "poser" à quelques centaines de mètres de nous. Y'a une fumée bizarre qui s'en échappe.
Putain Freckles va encore recommencer avec ses histoires de malédiction ou je sais pas quoi.



Tout le monde se met en place.
Je n'ai aucune idée de ce qui nous attend dedans, mais je compte profiter de nos nouvelles armes pour éliminer la menace à distance. Ça risque de faire du vilain.
Je donne l'ordre à Lion de faire feu sur la carcasse avec son fusil de précision.



Sortent aussitôt un robot équipé de lame et deux énormes... bestioles de métal. On dirait des sortes de gros insectes caparaçonnés, avec de gigantesques canons qui... oh merde !

J'esquive un tir de grenade incendiaire qui explose quelques mètres derrière moi.



Pendant ce temps l'humanoïde fonce sur Schmidt et s'engage un terrible combat au corps à corps. Je l'appuie comme je peux, et il sort victorieux, mais un peu amoché.
Huden accourt vers mon couvert en titubant. Une autre grenade explose non loin de lui. Il vient s'accroupir près de moi.

"Ça se présente mal, Capitaine ! Ils ont une sacrée puissance de feu ! Je suis salement blessé..."
Je sors pour tirer une rafale puis me remets à l'abris. "On a une meilleure portée qu'eux ! En jouant prudemment on devrait pouvoir s'en sortir tous les cinq !"

À ce moment précis, je vois avec horreur Schmidt se faire percuter de plein fouet par un tir de canon et s'embraser. Le choc le propulse sur trois mètres et il tombe inconscient sur le bord de la rivière. Miraculeusement, l'eau n'est pas assez profonde pour qu'il se noie, mais l'empêche cependant de brûler vif.

"O- ok. Tous les quatre. Quoique tout compte fait, je préfère que tu ne prennes pas de risque, Arch'. Rentre au bercail et fais-toi soigner. On devrait s'en sortir.
- Reçu Capitaine."





Je suis seul face à l'une des abominations. Je recule de plus en plus pour esquiver les tirs du canon, tout en envoyant rafales sur rafales.



De l'autre côté, Cody parvient à utiliser son arme surpuissante pour venir à bout du sien. Ça tombe bien parce que je suis acculé.



Je me jette en arrière et tombe dans l'eau. La bête s'apprête à tirer encore une fois. Je vide mon chargeur dans sa tronche.

"MAIS MEURS PUTAIN !"

Une ultime rafale l'atteint au niveau de ce qui semble être la tête et il s'éteint dans un bruit de mort cybernétique. Pfiou.
Hormis quelques brûlures, rien de grave pour moi. Pour les autres non plus d'ailleurs, à part Schmidt qui risque de passer quelques jours au lit.



J'entreprends de détruire cette merde de vaisseau. Il est trop abîmé pour resservir à quoi que ce soit et je n'aime pas trop le fait que le sol moisisse autour de lui.

Lorsque cela est fait, je retourne à la base, qui est en pleine effervescence. Lion est littéralement harcelée de questions.

"Ecoutez, je ne sais pas ! assure-t-elle. Je n'ai personnellement jamais vu de gros robots en forme d'insecte à l'époque, et j'ai été blessée et mise en stase bien avant d'en savoir assez sur tout ça.
- Mais le vaisseau venait de la planète ou pas ? demande Cody. C'est extrêmement important !
- Mais je n'en ai aucune idée. Je suis pas spécialiste en vaisseau moi !
- Je vous l'avais dit, on aura pas dû ouvrir le sanctuaire on va tous mourir ! s'affole Freckles.
- Toi oui, j'interviens. Si tu continues à semer la panique comme ça. Nous, ça devrait aller."

Tout le monde se tourne vers moi. Je maintiens le silence une dizaine de seconde le temps de m'allumer une cigarette.

"Ça ne sert à rien de s'exciter tout de suite. De toute évidence on a aucun moyen d'en savoir plus, et on pourra établir toutes les théories qu'on voudra on pourra pas les vérifier, donc à quoi bon se prendre la tête ?
- Capitaine, insiste Cody, si ces machines viennent de l'extérieur...
- Je ne pense pas qu'Usul nous ait envoyé des robots tueurs à travers la galaxie, Cody. Et si c'est le cas il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire hormis se tirer une balle dans la bouche pour de bon. Ecoutez, dès demain je vais partir conclure le marché avec Bindinthda. J'en profiterais pour demander dans les villages si eux aussi ont été victimes d'attaque ou si c'est ciblé sur nous.
- Très bien, soupire le Patel. Je vais faire mes affaires, dans ce cas.
- Ah non. Tu restes là. J'y vais seul.
- Quoi ? Vous êtes sûr de vous ?
- Oui, je pense être assez grand pour vendre des peaux de bêtes tout seul. Et puis ça me permettra de vérifier que je suis capable de vous laisser deux semaines sans que tout foute le camp."

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Le lendemain, Huden vient me voir tandis que je suis en train de resserrer les sangles du paquetage de Grumpf, notre muffalo.

"Vous êtes vraiment sûr de vouloir y aller solo ?
- Ouais, avoir un peu de temps pour réfléchir tranquillement me fera du bien. Et je suis le plus rapide, avoir quelqu'un d'autre à mes côtés me ralentirait.
- Soyez quand même prudent, Capitaine. J'ai l'impression que le nombre de personne à vouloir votre peau ne va aller qu'en augmentant."
Je souffle du nez. "C'est probable. En attendant, je confie la base à Cody et toi. Je compte sur vous pour la tenir propre et efficace.
- He he. On fera de notre mieux, c'est promis.
- Allez, je reviens le plus vite possible.

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Je suis donc parti à l'aventure, laissant les gars se démerder un peu sans moi. Enfin j'ai quand même laissé deux trois instructions avant de m'en aller.



Notamment, la construction de notre futur laboratoire. Moi et Schmidt avons longuement travaillé ensemble et on est enfin capable de fabriquer tout ce qu'il nous faut. Il nous faudra cependant une énorme quantité d'acier et d'énergie pour obtenir le résultat escompté, mais nos premiers bancs hydroponiques sont presque en place.

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"Bon, Huden, ça fait déjà trois jours que je suis parti, quelles sont les nouvelles ?
- Plutôt bonnes dans l'ensemble. Schmidt est enfin parvenu à ramener Drill à la raison. Il a fini par abandonner la méthode douce mais ça a payé."



"Je dois dire que ça me met un peu mal à l'aise de savoir qu'il a probablement utilisé les mêmes méthodes que quand il recrutait pour les Scies Rouges mais ça a payé. Et ça tombait bien parce qu'on a bien eu besoin de sa puissance de feu.
- Encore une attaque ?
- Non, pas vraiment."



"Des Thrumbos sont passés dans les parages et...
- Des quoi ?
- Grosses bestioles. Fourrure blanche. Énorme corne aiguisée sur la tête.
- Oh, je vois.
- Ben Cody et moi on a pris la décision de les chasser. C'est assez dangereux, mais leurs cornes et fourrures valent une véritable fortune.
- Wow, vous auriez dû me demander avant.
- Eh, c'est vous qui m'avez dit que vous nous laissiez la base !
- Tu marques un point. Mais quand même tenez moi au courant de ce genre de truc.
- Compris, Capitaine."



"Enfin toujours est-il que la chasse s'est plutôt bien passée. ... A part Freckles qui s'est fait péter la gueule parce qu'il courait trop lentement, mais rien de grave, je crois. Le problème c'est qu'on a tous choppé une sale grippe donc actuellement la base est un petit peu paralysée.
- Ah merde. C'est tout ?
- Non. De nouvelles élections sont en cours.
- QUOI ?
- C'est Irène qui a proposé l'idée. C'est vrai que ça fait déjà un an.
- Un an depuis le début des campagnes, pas des élections ! Mais enfin, qu'est-ce qui vous prends de faire ça sans moi ?!
- Je sais pas trop. De toute façon elle est la seule candidate. Je crois que je n'ai pas trop envie de reprendre le poste.
- De... Quelle affreuse vipère. Je vais me la faire en rentrant...
- Ça vous regarde ça. Bon sur ce, je vais me coucher."



Non mais... C'est clairement de la provocation. Je pars trois jours et on me poignarde dans le dos !
Putain il va y avoir du sang à mon retour...

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Je suis enfin arrivé après une semaine de voyage. Le marché s'est correctement passé, j'ai récupéré tout le matériel promis. Ils m'ont dit qu'ils avaient trouvé la jambe sur un soldat Scie Rouge mort pendant une attaque. Ce n'est pas très rassurant, cela signifie que c'est le Nota qui a accès aux meilleurs technologies trouvable en ce bas monde.
J'ai aussi posé des questions sur les machines. Apparemment ils en ont effectivement aperçu en mouvement, mais n'ont pas expérimenté des attaques comme celle que nous avons subi. Il est donc probable que nous soyons spécifiquement la cible...

Boh ! C'est sans importance. J'utilise un peu d'argent pour regarnir mes provisions et je repars vers la base.

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"Kaytensson à Repaire, quelqu'un me reçoit ?
- Je vous reçois Capitaine.
- Oulà Huden, tu as une petite voix, que se passe-t-il ?
- On a perdu Freckles Capitaine.
- Ah. Pas de chance.
- Je suppose que vous voulez avoir toute l'histoire. Beh ça a commencé alors qu'on organisait les élections.
- Ah oui, les fameuses élections."




"On a reçu un appel de détresse. Un type était poursuivi par une horde de Bustcam. Et il s'avérait que c'était le frère de David alors on a accepté direct.
- Bien noble de votre part.
- Peu de temps après, ces petits enculés sont arrivés. Ils ont commencé par massacrer des visiteurs qui passaient par là et...
- Quelle faction ?
- Bindinithda.
- Ah. Ponce ne va pas être contente. On lui a déjà fait le coup avec les rhinos.
- Ouais. Toujours est-il qu'on a rassemblé tout le monde à la barricade et qu'on a attendu l'assaut comme d'habitude. Sauf qu'ils étaient nombreux et qu'on s'est fait déborder. Et dans la mêlée..."




"Freckles s'est fait transpercé d'une lance en plein cœur. Il est mort sur le coup, on a rien pu faire...
- Ah merde. Rien d'autre à part ça ?
- Euh... Non. Enfin rien de grave.
- Et la nouvelle recrue alors ?
- Assez bonne. Il s'appelle Timur. Un petit type rachtèque, l'air un peu faiblard mais plein de ressources. Il sait manier le fusil à pompe, en tout cas.
- Donc on a troqué Freckles contre un soldat compétent ? Ça me va.
- Qu... Vous avez conscience que ce type était votre beau-frère ?
- Et non, tout faux ! Tu vois, la différence entre toi et moi c'est que moi je me suis pas laissé embarquer dans une mascarade de pacte m'obligeant à considérer ce genre d'individus comme ma famille.
- ... Je sais pas trop quoi vous dire. Si ce n'est de pas dire ce genre de conneries devant votre belle ?
- Ah, tu peux me la passer, pendant que tu y es ?
- Euh, elle est à côté de la dépouille de son frère en ce moment, je me vois mal lui passer la radio.
- Ah. Bah je vous recontacterais alors, ce n'est pas grave. J'arrive d'ici quelques jours de toute façon. ... Pas la peine de m'attendre pour l'enterrement."

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Je me suis permis un léger détour avant de rentrer. J'ai reçu des informations dans le dernier village Chomar où je suis passé quant à un type retenu prisonnier non loin de là. D'après eux la zone était faiblement gardée. Je me suis dit que je pouvais me gérer ça tout seul.

Effectivement, une fois sur les lieux, il n'y avait qu'un seul garde et deux tourelles. J'ai attendu que sa ronde l'amène dans l'angle mort de ces dernières pour ouvrir le feu sur lui. Comme je n'arrivais pas à trouver une bonne ligne de tir, je l'ai chargé et lui ai réglé son compte à coup de sabre.



Je me suis ensuite occupé des tourelles, sans trop de difficulté. Hormis quelques petites blessures dues à une terrible faute d'attention.



Puis je suis allé voir le prisonnier, mais comme il était nul à chier et bien j'ai juste pris la bouffe qui restait là et je me suis cassé.

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"Je vous reçois, Capitaine.
- Oh, c'est toi Cody ? Ça change.
- Oui, Arch' est cloué au lit. Il a réussi à péter sa jambe de bois. Mais comme vous allez bientôt arriver avec une jambe bionique pour lui, personne n'a très envie de lui en faire une nouvelle.
- Ouais je comprends. J'arrive d'ici deux jours, si tout va bien.
- ...Tout va bien, Capitaine ?
- Oui oui tranquille. ... Enfin non. Je suis salement malade. J'ai dû chopper un truc qui traîne. Heureusement que j'ai pas de miroir sous la main parce que je dois avoir une sale tronche. Je n'arrive presque plus à avaler quoi que ce soit.
- Ça a l'air sérieux. Vous voulez qu'on aille vous chercher ?
- Certainement pas ! Je peux m'en sortir tout seul.
- C'est vous qui voyez.
- Sinon comment ça se passe ?
- Bien à part les événements dont vous devez déjà être au courant, pas grand-chose. Oh si. Les hydroponiques sont finis. On va bientôt pouvoir lancer la production !
- Ah, parfait ! Vivement qu'on écoule nos premiers flocons. Ce Nota va en tirer une tronche quand il apprendra qu'on marche directement sur ses plates-bandes.
- Je n'en suis pas si convaincu, Capitaine."

Mon sang se fige instantanément. Ce n'était pas la voix de Cody. C'était une voix d'un calme glaçant, aux intonations profondes.  Ma main se crispe sur la radio. Je finis par déglutir et souris.

"Voici donc le Nota dont on m'a tant parlé. Je dois dire que je suis déçu.
- Je vous retourne la pareille, répond la voix. Le fameux Capitaine Kaytensson, celui dont on m'a tant vanté les mérites, l'ingéniosité et l'ardeur, celui qu'on dit destiné à m'arrêter, incapable de crypter correctement ses communications.
- À vrai dire, c'était délibéré. J'espérais que ce moment finirait par arriver.
- Mais très certainement. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Vous avez visiblement décidé de vous dresser contre moi, mais je vous laisse une dernière chance de rester en dehors de mon chemin. Sinon je devrais vous éliminer. Pour illustrer mes propos, je vous ai envoyé un petit présent. À bientôt, Capitaine."

Je reste là à fixer l'appareil. He.
La radio se met à grésiller et la voix de Cody se fait à nouveau entendre.

"..pitaine, vous me recevez ?
- ... Oui, Cody. Je te reçois.
- Ça a coupé pendant une trentaine de secondes. Tout va bien ?
- Tu... Tu peux aller jeter un coup d'œil dehors, voir si tu ne vois rien de suspect ?
- D'accord Capitaine. Attendez." Des bruits de bas étouffés par les enceintes de la radio. "J'y suis. De là je ne vois rien de... Bon sang !
- Quoi ?
- O- ok. TOUT LE MONDE À SON POSTE ! Y'a un essaim de pods en train de traverser le ciel, Capitaine ! Ils foncent droit vers notre zone !"



"Putain ! Ok, ne paniquez pas ! Ne faites rien tant que je ne suis pas arrivé, je serais sur place dans moins de vingt-quatre heures !"

Je suis sous pression. J'accélère le pas tant que je peux mais je suis toujours à des kilomètres de la base. Peut-être que si je ne dors pas de la nuit... Non. Je n'arriverais pas à faire avancer le muffalo dans le noir, c'est peine perdu. Argh. C'est extrêmement frustrant.

À peine quelques minutes plus tard je reçois une transmission. C'est Cody.

"Capitaine, je ne pense pas qu'on ait vingt-quatre heures devant nous en fait !"





"Ils ont des mortiers !
- Et alors ? Vous ne pouvez pas rester à l'abri dans la montagne ?
- On pourrait mais on sera complètement sans ressources ! Ils visent nos champs et nos sources d'électricité ! Un véritable déluge de feu est en train de s'abattre sur nous , Capitaine !
- Je..."

Le fumier. Il croit me coincer. Me faire peur ? Il ne sait rien de moi ! Rien !

"Ecoute-moi bien, espèce d'enflure. Je sais que tu m'écoutes toujours.
- Mais je n'ai rien fait Capitaine !
- Tu crois pouvoir m'intimider avec ce genre de stratagème ? On a connu la guerre, nous, la vraie. Bien plus terrible que ce minable règlement de compte. Si un affrontement direct est nécessaire, ainsi soit-il, mais j'ai bien peur que tu n'en n'apprécies pas beaucoup l'issue.
- Mais à qui vous parlez ?
- Tu as peut-être une armée. Mais moi j'ai des Patels. ...Cody ?
- Oui, Capitaine ?
- Contre-attaquez."

Malgré tout, j'ai confiance en mes hommes.
Nous serons victorieux.






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Je rentre enfin à la base, épuisé, affaibli par la maladie. Seul dans la salle à manger, je me sers une bière bien méritée. Irène entre dans la pièce et lâche un sourire triste en me voyant.

"Comment tu vas ma belle ? Tu tiens le coup.
- On a enterré Freckles hier, dit-elle sinistrement. Après la bataille."




"Il neigeait doucement lorsque l'on est ressorti. C'était beau. Comme un signe.
- Je suis désolé, vraiment.
- On était pas très proches mais... c'était quand même mon frère. Mon unique famille. Foutus Scies Rouges." Sa voix se brise un peu. "On ne triompherais pas de beaucoup plus d'attaques comme celles qu'on a subi hier sans perdre des gens, Ulrik."

Je me lève et la prends dans mes bras. Je n'ai pas oublié qu'elle a tenté de me faire un coup bas il y a quelques jours mais ce n'est pas le moment.

"Je ne peux pas te promettre que plus personne ne mourra. Mais je peux te promettre qu'on finira par les avoir. Personne n'est immortel."



C'est fini de subir inlassablement. J'en suis las.
Il est temps de rendre les coups.















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